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Abstraction narrative de Daniel Humair

Du 9 février au 10 mars 2018
Vernissage : vendredi 9 février à partir de 18h, en présence de l’artiste

Depuis sa première exposition à Bâle en 1965, Daniel Humair, peintre, compositeur et musicien Jazz de renommée mondiale, joue avec les couleurs et les formes en toute liberté comme il joue avec les notes. Sa peinture est rythmée, fluide et intense. La lumière traverse les couleurs et leur donne cette résonnance si particulière.
Ses œuvres, présentées dans plusieurs galeries internationales sont également visibles dans de nombreuses collections publiques ou privées.

L’exposition à L’Estampe réunie une trentaine d’œuvres comprenant peinture, estampes, tapisseries.

Oui, Daniel Humair, batteur européen de notoriété internationale, né à Genève en 1938, accompagnateur de toutes les pointures du jazz, leader, infatigable. Nombre de peintres l’admettent comme leur pair. Qui disait, déjà ? « On parle toujours du violon d’Ingres, jamais de la trompette de Géricault. » Cioran ? Gourio ? La peinture n’est pas le violon d’Ingres du musicien Humair. Elle est un de ses gestes.
Il a toujours mené les deux de front, avec la même énergie physique, le même corps, les mêmes mains. S’agace-t-il qu’on fasse de lui un peintre musicien ou un musicien qui peindrait, avec rapprochements faciles (le swing, les brosses et balais, tout y invite) ? Sans doute, mais son agacement n’est pas pertinent : volontiers franc du collier ou ombrageux, Humair le généreux s’agace volontiers.

Il sait pourtant par son geste même, ces couleurs qu’il brasse à pleines mains, à même la toile, ces peaux qu’il fouette ou qu’il caresse, ces ronds de surface qu’il dessine du bout des ongles, ces trapèzes, ces triangles obsédés, jusqu’à cette coupelle qu’il jette hors la planche comme une vulgaire cymbale hors la caisse claire, il sait que l’instant, seul, compte. L’instant et ce que lui révèlent ses actes : chorus ou acrylique, motif ou rythme.
Un film de Michel Dieuzaide (1996) épuise toute dénégation : peintre, musicien, cuisinier, le corps est le même, les mains sont les mêmes. Gaucher il est, gaucher il restera, devant la toile ou devant ses tambours. Humair est de ces peintres instinctifs qui trouvent à force de jeter, frotter, superposer, ce que le dessin à la fin leur révèle. Et en musique ? Idem, sauf qu’il faut s’y risquer à trois ou quatre, un orchestre.

Triangles qui dansent
Curieusement, devant la rétrospective qui lui est consacrée dans un lieu magnifique, l’Arsenal attenant à l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes à Soissons, ceci s’impose à l’oeil : la forme trouvée d’emblée, ces triangles qui dansent dans l’air, cette syncope sur la toile ou le papier, plus naïfs, moins maîtres du hasard au début, plus clairs aussi.
Et lentement, à la vitesse exacte, cette déclinaison du rêve intérieur qui semble s’obscurcir lors même que la luminosité s’accroît. A la mesure même des profondeurs et effets de perspective. Le lieu s’y prête. L’immense hauteur sous plafond, la pierre, le sentiment qu’ici la Révolution a profané des murs pour y empiler des munitions. Humair s’en agacera, il n’a rien d’un révolutionnaire. Sauf en peinture. Sauf en musique. L’essentiel est au bout du pinceau.
Par Francis Marmande pour LE MONDE en 2010

L’Estampe – galerie d’art & éditeur
31 Quai des Bateliers – Strasbourg
www.estampe.fr

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