Accueil » Expo and co » Archives » Paon de Camille Brès

Paon de Camille Brès

Du 9 novembre au 16 décembre 2017

Sur la série Les Plateaux – un texte de Camille Brès

Les Plateaux

Il y a des éléments figuratifs récurrents dans ma peinture. Des objets, des personnes de mon entourage mais aussi certaines couleurs et matières se retrouvent d’un tableau à l’autre. Je joue avec ce répertoire rudimentaire et intègre des nouveautés au compte goutte. Ces derniers mois je me suis principalement consacrée à l’élaboration de la série Plateaux qui compte pour l’instant huit tableaux de 110 par 130 cm. Entre deux j’ai peint les miroirs et les natures mortes, des formats plus petits, plus expérimentaux. Les trois projets sont liés et s’alimentent mutuellement.

Bien que représentant des univers très différents les tableaux de la série Plateaux sont tous composés à partir de la même trame. Le dessin répété est relativement simple, une perspective frontale avec un point de fuite positionné toujours au même endroit, six murs, un sol et un plafond.

Les premiers tableaux de la série alternent clairement entre intérieur et extérieur mais le sixième plateau, Le bassin, marque un tournant : J’abandonne dans cette peinture le degré de réalisme que je maintenais jusque là. Les espaces représentés deviennent alors plus difficilement identifiables.

La série s’appelle Plateaux comme le plateau de théâtre ou de cinéma mais plus simplement comme le support sur lequel je présente mes obsessions de peintre.

Quand j’ai peint Le musée, en m’inspirant pour l’architecture d’une photo prise à la fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne, je ne pensais pas commencer une série. Après avoir planté le décor j’ai d’abord habillé les murs avec les tableaux de Marius, mon compagnon et voisin d’atelier, puis j’ai représenté ses habits de travail, ensuite j’ai intégré un personnage et plus j’avançais plus j’avais d’idées. Ce musée ne pouvait pas tout contenir et depuis chaque nouveau «plateau » en appelle un autre. Je répète donc cet espace simple et tout en conservant le même point de vue, les mêmes murs, je le transforme radicalement. Je suis bien sûr imprégnée de la peinture que je regarde, les perspectives de la renaissance, les surréalistes, De Chirico entre autres mais je me sens aussi très influencée par l’esthétique de certains univers numériques. Je suis sensible à la rigidité du traitement graphique des jeux vidéo malgré les progrès techniques, aux limites des décors, aux labyrinthes…

Il y a quelque chose de l’enfance dans ma manière de procéder, d’associer, de copier, de répéter. En m’imposant une construction de base je débride mon imagination. Pour ne surtout pas m’ennuyer j’explore des zones inconnues dans ma pratique. Ce dispositif intensifie mes recherches, me pousse dans mes retranchements et c’est une position qui me convient bien.

Galerie Jean-François Kaiser
6 rue des Charpentiers – Strasbourg
www.jeanfrancoiskaiser.com

À propos L'équipe COZE

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Quand je regarde les roses pousser…

Du 26 novembre 2017 au 7 janvier 2018 « Ma mère m’enseigne qu’à soixante-seize ans ...