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Photographies : Port du Rhin

Du 3 mai au 10 juin 2017

L’idée de rentrer dans un lieu industriel en activité, pas comme pour l’urbex de façon clandestine, mais pour y voir un lieu encore habité, occupé par son quotidien, sa fonction productive, est ancienne mais n’a été réalisée qu’en décembre 2016. Cet univers est quand même déshabité, ne cherchant pas à en capter un témoignage sociologique ou documentaire, je l’ai donc visité lors d’une pause du personnel dans l’organisation temporelle de l’usine. Ce lieu dégage une magie poétique, avec des formes épurées et des matériaux mis en lumière, et même si cette mise en scène ne sert pas un idéal esthétique, il en résulte un univers un brin daté, comme sorti d’un derrick. Ce travail évoque également les ambiances des pellicules argentiques, fuji ou kodak au tungsten, qui permettaient de jouer avec les lumières, de les faire ressortir, artificielles ; les néons blafards, une image de la ville des années 80, qui a structuré notre représentation urbanistique. Mon intention est de partager cette poésie, ce lyrisme particulier, musical, un peu underground ; puisque ce sont des lieux que nous ne fréquentons pas, sauf si on y travaille, et qui représentent aussi une sorte de fantasme, d’une société qui perd ses usines, ses industries. Il ne s’agit pas de nostalgie, ni d’un discours politique, toujours pas de représentation de la réalité, il faut voir les matières façonnées, peintes, travaillées par la lumière qui dessine ces espaces. Les lieux restent tangibles, presque identifiables, sombres, inquiétants, vides, désespérément. C’est donc aussi un travail sur l’absence, une forme de solitude, contemplative, douce et posée. Le temps s’arrête, l’instant n’est pas décisif, le regard du photographe ne compte pas, il pourrait y avoir en fond sonore du bashung de l’album play et blessures ou de l’électro minimale berlinoise… Derrière un crime a peut être été commis, des trafics illicites pourraient se produire, on peut imaginer beaucoup de choses… L’on se retrouve donc porté dans un univers cinématographique qu’a régulièrement fréquenté son auteur (séries urbaines des années 2000 et encore récemment dans extérieur nuit), qui permet au spectateur de se raconter sa propre histoire, et doit s’approprier et appréhender l’image proposée d’une autre façon qu’un témoignage uniquement réel. Ce travail nous confronte donc à nos propres visions de ces espaces urbains particuliers, à notre rapport à la nuit. Le voyage proposé n’est donc pas seulement une proposition poétique, mais également une invitation au rêve.

Galerie la pierre large
25 rue des veaux Strasbourg
www.kiffel.fr

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