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Allez danse, danse avec les Brigitte

Jeudi 24 mars, le duo Brigitte a sorti les boules à facettes à l’ED&N de Sausheim pour un bon dans les 70’s, quand le disco enflammait les dance floors. Ambiance sexy et kitsch avec la femme à deux têtes.

Bienvenue au cabaret glam-kitsch de Brigitte. Ici, la scène est une jungle avec des plantes tropicales, un flamand rose et un tigre du Bengale en plastique qui attend sagement que les reines du bal entrent en scène.

Les voilà justement, marchant langoureusement, vêtues de robes de soirée à paillettes au dos nu vertigineux, et entonnant « L’Échappée belle », le morceau d’ouverture de leur dernier album « À bouche que veux-tu ».

La « disco night » peut commencer, après une première partie – exercice toujours périlleux – en demi-teinte de la Russe Natalia Moscou, dont on retiendra surtout sa robe à guirlande plutôt que ses chansons naïves.

Le public de l’ED&N, majoritairement féminin, est acquis d’avance aux chansons emplies de sensualité et de légèreté du duo. L’assistance se met à jouer les chœurs et se dandine aux rythmes sexy et entraînants de « Cœur de chewing-gum », « La vengeance d’une louve », « Hier encore » ou la reprise sulfureuse de « Ma Benz » de NTM.

Aurélie Saada et Sylvie Hoarau assument leur féminité jusqu’au bout des ongles, tout comme leur désir sur « Oh Charlie chéri », chanson sur laquelle elles matent les fesses de ces messieurs. Mais sous leurs airs de Wonder Woman sexy, ces nanas restent des femmes comme les autres avec leur part de vulnérabilité. En présentant « Je veux un enfant », Aurélie Saada raconte ses difficultés pour avoir un enfant. Entre doute, solitude, pleurs et culpabilité de ne pas être foutu de faire un bébé, l’interprète, aujourd’hui maman de deux petites filles, raconte sa pénible expérience.

Brigitte, c’est aussi ça : deux nanas hyper glamour, mais finalement pas si différentes des autres. Elles assument leur côté « pluriel », qu’elles soient tour à tour la fille, l’épouse, la mère ou la putain.

Chez Brigitte, on est généreux, avec son public, mais aussi avec ses musiciens. Les deux complices jouent les choristes le temps d’une chanson et laissent le devant de la scène à leur claviériste également chanteuse, Chat.

On pourrait toutefois reprocher aux Brigitte d’être trop soigneuses et soucieuses de leur image. Les gestes et les chorégraphies sont calculés et préparés à l’avance ; on est loin de la spontanéité d’un concert de rock. Même si le courant passe excellemment bien avec le public de l’ED&N, on sent une baisse de régime quand elles interprètent plusieurs morceaux du dernier album à la suite. Parfois redondantes, moins entraînantes, les spectateurs écoutent et applaudissent poliment avant de se réveiller sur « Jesus sex symbol », un gospel d’enfer.

Après presque deux heures de concert, le rideau tombe sur Brigitte, laissant repartir les spectateurs le sourire aux lèvres et les « palalala » de « À bouche que veux-tu » en tête.

Texte : Sophie Gillig
Photo : Dimitri Coste

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