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Animalité

Du 30 mars au 16 avril 2016

« Qu’il soit social, politique ou raisonnable, l’homme est avant tout animal. » Aristote, célèbre philosophe de l’Antiquité, l’avait déjà bien compris: les limites entre bestialité et humanité sont parfois floues. La relation que l’être humain entretient avec l’animal est en effet variée: entre amour et haine, sacralisation et exploitation. L’Homme a construit son rapport aux bêtes en fonction de sa propre animalité. Que ce soit dans la religion égyptienne, dans les mythes grecs, dans les contes et fables ou plus récemment dans les bandes dessinées, l’anthropomorphisme a toujours bercé notre quotidien (caricatures, dessins animés, jeux…) et conserve ce lien entre l’Homme et l’animal. Il n’y a pas une seule culture qui n’ait apparenté l’homme à l’animal, ce depuis la nuit des temps ! Et pour cause ! Certaines caractéristiques animales renvoient au comportement de l’Homme, d’où cette analogie dans le domaine religieux, mythique, du langage, et de l’art en général (cf. La ferme des animaux, G. Orwell ). Du domaine sacré (Anubis, dieu humain à tête de canidé) au domaine humoristique (caricatures de Grandville), l’animalité a inspiré le plus grand nombre, dont les douze artistes exposant au sein de la galerie Art’Course du 30 mars au 16 avril. Ceux-ci ont donc peint, dessiné, ou modelé des œuvres renvoyant à la part bestiale qu’il y a dans chacun de nous et aux liens que nous entretenons avec les animaux. Les représentations sont diverses, du cri d’effroi face au monde actuel d’Annelka Doll et de Simone ; de la présence minimale de l’insecte tissant des liens entre nous et lui au quotidien dans les œuvres de Khatia Gagnidze et Marie-Odile Biry-Fetique ; de cette présence/absence de l’animal dans les toiles Vincent Gild et de Louis Danicher, l’animal est juste suggéré par son empreinte, c’est l’animal qui sommeille en nous, celui qui nous surveille ou que nous surveillons ? A l’instar des mythes et contes, Julien Gander et Laure Spaeth ont préféré représenter leur rapport à l’animalité sous forme d’êtres hybrides. Myrtille Béal, elle aussi, a trouvé son inspiration dans les mythes grecs en représentant une méduse contemporaine chevauchant son Pégase. Chantal Toussaint et Gary Colin ont interprété ce lien à l’animal comme un retour au primitif engendrant une intention mystique, privilégiant les formes simples et pures. Enfin, les lignes des œuvres de Chavicha Magé s’interpénètrent de manière à créer des formes animales ou humaines. L’homme et l’animal sont donc intrinsèquement liés, lorsque le premier tente de l’oublier, le second se rappelle à lui. Par les contes, les mythes, l’actualité…nous sommes toujours sur cette limite (in)visible qui fait de nous un animal, cela s’apparente à un garde-fou. Adeline Hadey

Galerie Art’Course
49a rue de la Course, 67000 Strasbourg
www.galerieartcourse.com

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