Accueil » News » Yael Naim à La Filature : « Older » et métamorphosée

Yael Naim à La Filature : « Older » et métamorphosée

Mercredi soir, the place to be à Mulhouse (les embouteillages en attesteront), c’était à La Filature pour le concert de Yael Naim qui en a scotché plus d’un sur son siège par sa voix et sa performance.

Pour certains, Yael Naim se résume à son tube « New Soul » et son refrain naïf qui a fait le tour du monde grâce à la marque d’ordinateurs à la pomme. Si vous êtes de ceux-là, déguerpissez fissa! Parce que Yael Naim, la Yael Naim de 2015, c’est une femme qui a connu dernièrement des peines (la perte de sa grand-mère) et des joies (la naissance de sa fille avec son compagnon à la scène et à la ville David Donatien) qui ont marqué son dernier album « Older ».

« Older », plus âgée, plus mature, plus libre car ce qui frappe à la fois à l’écoute de l’album et en live, c’est la confiance – ou la conscience – que la chanteuse a pris en elle et surtout en sa voix. On savait déjà qu’elle était talentueuse – son album « She Was A Boy » l’a confirmé – mais on se disait qu’il manquait encore un petit je-ne-sais-quoi.

La Yael version « Older » a du coffre et pas qu’un peu, ma p’tite dame. Elle nous le prouve dès le début du concert, où après une ouverture intimiste guitares/voix avec David Donatien, elle nous fout notre première claque de la soirée avec « Dream in my Head ». Là, Naim nous dit qu’elle n’a plus besoin de se cacher alors pour être sûre qu’on la voit et qu’on l’entend, elle chante, chante avec une telle puissance vocale que Nina Simone a dû sortir de son sommeil éternel pour coacher la franco-israélienne. Et alors qu’on est déjà à terre, que Yael est bien vénère, voilà qu’un hibou géant qui trônait derrière elle, s’illumine et nous fixe intensément de ses yeux hypnotiques. Frissons.

Mais elle ne veut pas en rester là, la petite brune à la longue crinière. Elle se met à nu sur « Coward » (lâche) où elle avoue avoir parfois agi comme une mauviette, à tel point qu’elle ne se reconnaissait plus. Elle a l’air sincère dans son introspection, mais voilà que trois choristes hors du commun, les 3SomeSisters, l’assène à coups de « coward, coward, coward » revêtant des airs lyriques de chœur de tragédie grecque. Seconde claque.

Le concert donne la part belle aux nouvelles chansons qui permettent à Yael Naim de toucher à tous les styles, le gospel avec « Take Me Down » où La Filature prend soudainement des allures d’église perdue au fin fond de la Louisiane, de la pop (« Make A Child ») et de la folk. Seules quelques rares anciens crûs sont interprétés : la reprise hyper sexy de « Toxic » de Britney Spears, « Go to the River » et le fameux « New Soul » dont les « lalala » enfantins semblent désormais trop petits pour le nouvel habit de leur interprète.

Le temps passe vite en bonne compagnie et voilà déjà le premier rappel avec une reprise de « Can’t Help Falling in Love » d’Elvis, toujours soutenue par les 3SomeSisters. Puis, comme pour le début du spectacle, Yael se retrouve seule sur scène avec son compagnon, cette fois-ci au piano, pour « Older », morceau qui ferait pleurer le plus insensible des hommes. La fin du concert approche et pour nous souhaiter bonne nuit, Yael nous berce sur « Ima », chanté en hébreu et en créole. La chanteuse s’en va et laisse en nous un peu de sa gentillesse, de ses rêves, de sa confiance et de sa lucidité.

Texte et photo : Sophie Gillig

À propos coze

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

L'auteur, compositeur et interprète, Tibz présentera son nouveau spectacle, entouré de ses musiciens, le samedi 25 novembre, à partir de 20h, au Fil d’Eau.

Tibz en concert au Fil d’Eau

Auteur, compositeur et interprète, Tibz se révèle, à seulement 23 ans, être un artiste de ...