A Lire!
Accueil » News » Nous y étions : Le Malade imaginaire au TNS

Nous y étions : Le Malade imaginaire au TNS

Du 10 au 21 mars, le TNS propose un grand classique du théâtre, Le Malade imaginaire de Molière. Cette pièce est la dernière du grand Molière, mort en la jouant. Mis en scène par Michel Didym, Le Malade imaginaire sonne bien actuel et ne semble pas avoir pris une ride.

Le Malade imaginaire est un pamphlet contre les médecins qui usent de leur fonction et de la naïveté des gens pour leur faire croire n’importe quoi. Une véritable réflexion autour de la maladie et de ses malades.

Argan est persuadé d’être éternellement souffrant. Il ne jure que par son cher médecin, le docteur Purgon – au nom assez révélateur. Veuf, il espère compter sur l’appui et la compassion de sa deuxième femme qui surveille de près sa santé, intéressée par sa mort et son argent. Argan, joué par André Macron, souhaite marier sa fille à un fils de médecin, Thomas Diafoirus, afin d’être constamment et sainement entouré. Seulement, sa fille Angélique – Jeanne Lepers – est amoureuse de Cléante – Barthélémy Méridjien. Heureusement pour tous, Toinette la servante, jouée par Norah Krief, est là pour dénouer chaque intrigue. En une seule pièce, Molière parvient à rassembler tous les différents motifs présents dans ses pièces : la question des faux-semblants notamment à travers les personnages du corps médical et de la seconde femme, le rapport à la maladie, l’hypochondrie et la peur de la mort, les médecins et leurs abus, les mariages forcés, les escroqueries d’argent, etc.

Tous ces différents thèmes abordés confèrent à la pièce une dimension éminemment moderne, d’autant plus perceptible grâce à la mise en scène en toute sobriété mais efficace de Michel Didym.

Michel Didym offre une mise en scène fidèle de la pièce de Molière. Le texte classique est respecté, le metteur en scène va jusqu’à jouer les interludes musicaux. La sobriété des décors et des costumes accentue l’actualisation et la modernité de la pièce. Les acteurs incarnent tous parfaitement leurs personnages. Ils maitrisent la langue de Molière à la perfection, avec une véritable aisance, jouant sensiblement la double facette de chacun des personnages, respectant tout au long de la pièce la subtilité de la comédie grinçante, satire acerbe de la société et critique caustique des faux-semblants.

Le texte acquiert immédiatement une émotion supplémentaire quand on sait que Molière mourant, tenant le rôle d’Argan, crachait pour de vrai du sang sur scène et qu’il est mort après la représentation. Le texte prend dès lors un second sens, plus funeste, presque prémonitoire.

www.tns.fr

Texte : Camille Grossiord

À propos coze

Un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Les anciens bâtiments industriels de la Coop constituent l’un des sites structurants du projet urbain Deux-Rives / Zwei Ufer, qui traduit sur plus de 250 hectares l’ouverture de Strasbourg sur le Rhin et lʼAllemagne.

Un week-end pour découvrir le quartier culturel et les artistes de la nouvelle COOP, La Virgule

Les anciens bâtiments industriels de la Coop constituent l’un des sites structurants du projet urbain ...