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Mommy le film

Une histoire simple à priori : une banlieue modeste du Québec, une femme qui essaie de joindre les deux bouts et un gosse instable. Cette sobriété est en fait la clé de Mommy.  Une mère, Diane et son fils, Steve s’efforcent de construire une relation plus ou moins équilibrée malgré le flot de leurs émotions, souvent encombrantes. La vie semble être une accumulation de galères mais comme dirait Diane, se référant à ses atours,  « Dans la vie, c’est comme au Poker, on est mal barré si on n’en a pas une bonne paire ». Et pour cause, cette paire là est bien dotée pour nous bouleverser.

Minimaliste, l’univers de Mommy parvient à absorber le spectateur. Ce sont les détails qui font tout le charme de ce coin terne du Canada et nous rendent perméables aux sursauts de joie comme de violence. Les insultes rythment les dialogues, du très local « tabernacle » aux étonnantes variantes de « face de cul », elles ne font que souligner les tempéraments de ces personnages qui luttent pour se trouver. L’ardeur des liens qui se tissent à l’écran et l’esthétique avec laquelle ils sont illustrés nous saisit.

Ainsi, certaines scènes parleront aux enfants des 90’s : la promenade en skateboard sur un tube de Oasis ou une danse improvisée sur le tube intemporel « On ne change pas » de Céline Dion. Les Nike Shox blanches chaussées par Steve ou les jeans brodés de sa maman font tout autant partie de la création de Xavier Dolan. En effet, le style hasardeux du duo ne fait que souligner leur maladresse mais aussi leur fragilité.

Tout l’art du réalisateur réside dans cette fragile harmonie, alliant la délicatesse et le vice. Le sourire de Diane est rayonnant quand elle ironise sur la vie autour d’un verre de piquette qu’elle consomme sans modération. Séduisants malgré eux, ces personnages nous ébranlent, nous font rire puis pleurer, si bien qu’on regrette de les quitter.

25 ans et surtout beaucoup de talent.  Xavier Dolan maîtrise ici son art avec brillo,  tous les détails semblent contribuer à mettre ses  émotions en exergue, piliers de son univers. La caméra est un outil manié ici avec subtilité et fait de Mommy un très joli film. L’esthétique est accessible à tous, il n’y a plus qu’à se laisser submerger par l’émotivité pour vivre un réel instant de bonheur.

Texte : Emilie Rennoir

 

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