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Le streetwear Made in Alsace

GRANDE VILLE OBLIGE, STRASBOURG NE DÉROGE PAS À LA RÈGLE DES GRANDES CHAÎNES, ET ACCUEILLE DE PLUS EN PLUS DE MARQUES INTERNATIONALES : QUOI DE PLUS PARLANT QUE L’ESPAGNE QUI NOUS PROPOSE DU ZARA OU DU BERSHKA, LA SUÈDE QUI NOUS LÈGUE ZLATAN (AH NON, MINCE, ÇA C’EST DU FOOTBALL) EUH, H&M, OU ENCORE L’ITALIE QUI SE PLACE SUR LES CRÉNEAUX DE LUXE AVEC GUCCI ET J’EN PASSE. AU DIABLE LA MONDIALISATION ET LE COMMERCE DE MASSE, NOTRE CAPITALE EUROPÉENNE SE LIVRE ÉGALEMENT À UNE BATAILLE INTRA-MUROS, AVEC DES MARQUES DE PRÊT-À-PORTER BIEN LOCALES. POUR VOUS LES SERIAL SHOPPEURS, COZE EXAMINE LES MARQUES DE STREET WEAR ALSACIENNES SOUS TOUTES SES COUTURES, ET C’EST LE CAS DE LE DIRE !

Bretzel Airlines, Arnicalicious, Unsowiso, Vicious, 100 x ni l’oie, Freckles Wear, Teen & Toddler ink, et plus si affinités, vous avez tous déjà entendu ces noms, sans en connaître réellement leurs origines et leurs caractéristiques. Emprunt d’un élan de mode absolu, Coze s’est d’abord penché sur la question de la création.
Impulsée par différentes raisons, chaque marque locale est le petit bébé de son créateur. Pour Arnicalicious – la marque au cupcake dessinée par Thomas Danesi – l’idée venait à la base de leur passion pour le snowboard, et se vouait à ne produire que de la Fat size, du XL au 5XL pour pallier au manque ressenti. Du côté de chez Claire, à l’origine de la marque Freckles, la créativité a toujours été son dada, qu’elle a choisi d’allier tout naturellement à la mode, un domaine qui lui portait à coeur. Jaek El Diablo, rappelez-vous, notre artiste du mois d’avril, est un véritable amateur de street wear et de hiphop depuis la première heure : il a donc créé sa marque Vicius de façon logique, afin d’encore mieux exprimer son univers graphique. Une toute autre passion, parlons de celle de Yann Lerouvillois, à la tête de la marque Teen & Toddler ink. Déployée en deux déclinaisons, des T-Shirts et de la broderie unique, la marque alsacienne est née suite au licenciement de son créateur de chez Alcatel, qui avait alors tout son temps pour mettre sa passion et son talent à profit. Pour Christophe Koepfinger, gérant de Unsowiso, tout a commencé après la reprise de la marque, créée par Nassir Goulamaly en 2007. Gérant d’une société de supports de communication, Christophe s’est investi dans la recette Unsowiso par amour pour la région, avec un brun d’humour, de mode et de fun.

Capture fre

LA VENTE

Tous à mille lieux de se développer dans une belle boutique de la ville pour des raisons que l’on n’évoquent même plus – la crise, ce meilleur ami de l’homme – les marques alsaciennes ont trouvé d’autres alternatives pour exposer et vendre leur productions.
On pense tout d’abord à la solution 2.0, avec la vente Online. Comme le dit si bien Jaek El  Diablo, créateur de la marque Vicius, cet outil « est effectivement une bonne alternative pour toucher un public national et international ; les habitudes d’achats ont été révolutionnées par internet ». A l’aide d’un réel site officiel, d’un site « support » comme Yann Lerouvillois qui vend aussi ses créations sur qustom workshop, une boutique alsacienne en ligne spécialisée dans les vêtements pour bikers américains, en plus de son propre site, ou encore à travers de simples réseaux sociaux, la communication et la vente sont de mises grâce… au web. Et ce n’est pas Marine Knittel, de la marque locale Arnicalicious, qui nous en dira le contraire : «aujourd’hui internet et les réseaux sociaux nous offrent une visibilité sans pareille, un simple poste Facebook pourra toucher plusieurs milliers de personnes dans la seconde. Aussi avec les nouvelles technologies, plus besoin d’être Einstein pour monter une boutique en ligne, un copain graphiste et une après-midi suffisent. Internet facilite énormément de choses : la gestion des stocks, la communication, une chaîne de distribution réduite, etc. »

En complémentarité, de nombreuses marques ont trouvé le bon filon, en ayant des revendeurs à disposition. Chacun son credo, Urban Shoes et Slide Box sont la solution pour Vicius, Macias (rue des soeurs) pour Teen & Toddler ink, ou encore Slide Box et Woodstock Surfshop à Hossegor pour la marque au cupcake.
Mais pour Claire de Freckles, la complémentarité vente directe/vente en ligne est importante : «vendre sur le net c’est super, ça permet de rendre ta marque accessible partout dans le monde, je vends plutôt bien aux États-Unis par exemple. En revanche la vente en magasin permet d’autres choses, une proximité avec le client, il peut toucher, essayer, discuter avec un vendeur. Je pense que l’un ne substitue pas l’autre, ce sont plutôt des moyens complémentaires pour répondre aux besoins des clients.»
Autre alternative, fort bien trouvée par Christophe Koepfinger, c’est de se placer sur le créneau de l’événementiel. «on veut toucher un public local, de vrais alsaciens aux attaches fortes, alors on est présent sur des manifestations liées à l’Alsace, des événements qui partagent notre identité et notre attachement à la région. On installe par exemple notre stand sur les théâtres alsaciens, où le dialecte est mis en avant, et on est visuellement présent, à l’aide de nos goodies et flyers. Au retour des stands, on a souvent des visites de site, et donc plus de ventes». Des goodies qui sont d’ailleurs très utiles, et très représentatifs de la marque, parole de la rédaction !

Capture vicius

LES VALEURS

Identité de marque oblige, chacune d’entre elles ont des valeurs à véhiculer. Pour Vicius, Jaek El Diablo «rend hommage au mouvement hip-hop à travers des clins d’oeil à des références musicales ou visuelles, mais aussi à toute la culture urbaine du tattoo au skate, grâce à des détournements de logos de sport ou de marques de luxe, comme le sampling dans la musique ou dans les lyrics des rappeurs». L’humour et la subversion sont ses maîtres-mots !
Pour Teen & Toddler ink, la nostalgie des années 90 se place numéro un des valeurs : «la marque fait revivre la jeunesse, les têtes de morts, les baggies, toute cette culture américaine du street wear des skateurs».
Beaucoup plus poétique, Claire définit sa marque comme un outil de la tolérance : «la marque s’appelle Freckles, ce qui signifie tâche de rousseur, pour moi cela symbolise la différence, il faut en être fier, quelle qu’elle soit, elle est une force, et non une faiblesse». Pas besoin d’avoir fait la Sorbonne pour comprendre les valeurs de la marque Unsowiso : la promotion de la région est son objectif principal, où le terroir, le dialecte et la richesse de l’Alsace sont retranscrits au travers des visuels et expressions sur les produits. Et ce dévouement pour l’Alsace est entier : «l’idée c’est de rester proche de l’Alsace même en terme de confection : on crée le visuel, on l’imprime, on finalise tout ici, même le marquage et la broderie sont made in Alsace». Une absence de valeurs côté Arnicalicious, qui se traduit plutôt par une forte envie d’incitation : «nous prônons plutôt la fête et la provocation, en détournant des marques connues ou en faisant des modèles de T-Shirts que papa et maman n’auraient pas voulu que l’on porte il y a encore 10 ans de cela».

LE MARCHÉ ALSACIEN

Les marques de street wear alsaciennes restent très hétérogènes, et comme tout ensemble, certaines sortent du lot de par leur identité et leur cible. L’offre grandit au fil des mois et des années, et de plus en plus de marques se développent: l’envie de consommer local ne se traduit pas qu’à travers de la nourriture, mais aussi du prêt-à-porter. Le gérant de Unsowiso confirme cette tendance : «on retourne de plus en plus vers cette identité locale, c’est un vecteur principal qu’on essaye tous de suivre».
Confrères plus que concurrents, toutes ces marques alsaciennes se placent sur le même marché, en essayant de se positionner différemment et de ne pas marcher sur les plates-bandes des autres. Pour Yann Lerouvillois, «quelques marques commencent à grimper, mais je trouve qu’au niveau du marché alsacien, il n’y a malheureusement pas de cohésion, d’entraide, ou de communication entre nous. Je trouve ça dommage, on aurait sans doute plus de forces en ayant un point de vente tous ensemble. On a tous le même souci, on est proche de nos sous, on existe comme on peut et on ne souhaite pas disparaître». Alors à bon entendeur, la création d’une fédération réunissant toutes les marques locales pourrait être plus qu’utile. A la manière des labels strasbourgeois qui se sont regroupés pour avoir bien plus de force et de prestance sur la scène nationale et internationale, il manque dans le paysage alsacien une association qui représenterait cette niche de petites marques streetwear et underground. Véritable prise de conscience, il est temps de faire le premier pas. En attendant, on vous donne rendez-vous sur la toile pour retrouver toutes ces marques toutes les unes plus créatives que les autres. Elsass power !

Capture teen

Un grand merci à
Marine Knittel : www.arnicalicious.com
Jaek El Diablo : www.vicius-clothing.com
Yann Lerouvillois : www.teenandtoddlerink.com
Christophe Koepfinger: www.unsowiso.

 

 

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