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Kezacoze : Le Musée Vodou

Que vous soyez nouveaux citadins ou anciens Strasbourgeois, promeneurs rêveurs ou pressés,   vous avez sans doute tous croisé le chemin du château d’eau à deux pas de la gare. Construit en 1883 et destiné à alimenter les locomotives à vapeur, ce magnifique et insolite édifice néo-roman construit sur les vestiges d’un cimetière romain, abrite maintenant le musée Vodou. Ouvert le 10 janvier dernier – date de la fête du vodou au Bénin – à l’initiative de l’ancien patron des brasseries Fischer -Adelshoffen ,Marc Arbogast, ce musée héberge la plus importante collection Vodou privée au monde.  Rencontre avec cette religion d’Afrique de l’Ouest, mystérieuse à souhait, et pour cause !

Pour l’histoire du musée, le topo est simple. Véritable passionné, Marc Arbogast est attiré par ces objets à l’aspect « hétéroclite, composite et insaisissable, très différent du masque africain très épuré et abstrait que l’on retrouve chez Picasso ou encore chez Derain » comme nous l’explique Bernard Müller, directeur de la programmation scientifique et culturel du lieu. A savoir que nous parlons du vodou avec un «o», celui qui est né en Afrique de l’Ouest, et non son cousin, le vaudou haïtien et en Amérique du Nord. Convaincu que cet art mérite une réelle vitrine, il achète alors le majestueux château d’eau, le rénove en quelques mois, et monte dans la foulée son musée privé. Après des années de travail, de recherches et de rencontres, il ouvre ses portes. D’ailleurs ce travail, parlons-en.

Un travail de longue haleine

La recherche d’objets est un véritable parcours du combattant. Marc Arbogast s’est efforcé de rassembler tout ce qui avait un rapport avec l’art vodou depuis les années 50, ou de faire des échanges avec des collectionneurs. Ces objets proviennent pour la plupart de personnes qui ont été amenées à s’en séparer pour des raisons de religion, d’héritage ou, de déménagement. Mais depuis les années quarante, c’est un réel marché, où la force de l’objet vodou réside en fait dans son rituel. Bien que le musée ait ouvert il y a trois mois, il n’empêche qu’il continue d’entretenir une véritable politique d’acquisition de nouveaux objets ou de remplacements de certains, histoire de poursuivre la collecte et de ne pas ennuyer les visiteurs récurrents.

Un parcours initiatique

Le musée Vodou se déploie sur trois étages et demi, à l’ambiance particulière et à la scénographie sensible signée Nanette Jacomijn Snoep, conservatrice. Au premier étage, « le panthéon vodou » retrace l’origine et l’histoire de cet univers méconnu de tous. Au deuxième, « le secret » abrite une collection plus mystique, et enfin le troisième et dernier étage appelé «  la danse des egunguns » est tourné vers les costumes, les fêtes et les rites. Du Ghana au Nigeria en passant par le Bénin et le Togo,  l’Afrique de l’Ouest est divinement représentée dans ce phare qui surplombe la ville.

 

Objets magiques, l’art vodou invite les curieux à regarder sous un autre angle ces ready-made, utilisés au quotidien et qui se dotent d’une toute autre signification quand on s’y penche de plus près. « Ils gagnent une qualité artistique que les gens ne leur accordent pas, c’est-à-dire que les personnes qui les fabriquent ne les voient pas comme des sculptures mais comme des objets qui servent à quelque chose, au cours de cérémonies dont on attend un effet. Dans leur représentation muséographique, ils gagnent également une dimension esthétique, mais qui contient encore ce travail spirituel d’origine » nous explique le directeur de la programmation. A savoir que tous les objets présentés au musée ont été utilisés dans des pratiques religieuses, comme le culte des ancêtres, la sorcellerie ainsi que toutes ces cérémonies liées aux grandes étapes de la vie, de la naissance et de la mort. Effectivement, pour la plupart, ces objets envoûtants étaient utilisés pour faire les divinations, mais étaient également guérisseurs, pour produire de la médecine efficace.  Le musée Vodou en résumé, c’est une tonne de sculptures, d’amulettes, de talismans, de masques et autres articles représentant cet art de vivre, sous les thèmes de l’apprentissage, du spectacle et du mystère. On est loin du cliché de la poupée que l’on épingle, du fétiche que l’on maudit !

Des visites ludiques

Côté visite du musée, les personnes sont embarquées dans une promenade guidée, accompagnées d’une conférence avec un ethnologue. Visite contée, elle est parfois supplée par une déambulation musicale, comme avec la venue d’une saxophoniste ou de conteurs togolais en spectacle au mois de mars dernier. Animations ludiques ou encore ateliers pour enfants avec fabrication de fétiches, le musée Vodou de notre ville chérie met tout en œuvre pour satisfaire ses Strasbourgeois. Et pour vous les professionnels, le musée Vodou vous aide également à trouver la solution idéale pour vos événements, des séminaires aux conférences, en passant par des cocktails voire même des dîners : le cadre est idéal, parole de scout.

Quant aux touristes intéressés et ouverts, ils ne sont pas en reste. Venus de tout horizon pour découvrir cette culture et ses fondements, ils en sont plutôt satisfaits. A trois mois après l’ouverture, le musée Vodou et son association Curio notent des retours plutôt positifs : les visiteurs sont surpris de découvrir une telle complexité et sophistication de cette culture, et ça, ça fonctionne.

Unique au monde – et oui, Strasbourg président !! – le musée Vodou est le seul lieu culturel qui présente de manière cohérente et didactique cette religion d’Afrique de l’Ouest. Une bien belle représentation de cette croyance qui concerne près d’une quarantaine millions de personnes mais surtout deux-cents millions dans le monde si on y inclut les Antilles, le Brésil ou encore la Louisiane, qui elle pratique une autre sorte de voodoo,  différente des ancêtres africains mais  à l’origine similaire.  Une religion qui n’est donc pas si secondaire que ça…

Loin de lui tendre la main et il veut le bras, le musée n’a pas pour vocation première de se développer dans d’autres villes ou pays, bien que ce serait l’idéal. Mais Bernard Müller nous rassure « on ne fait qu’un musée de ce genre là dans une vie, faire fonctionner celui-là, c’est déjà pas mal, puis Strasbourg… c’est le cœur de l’Europe ! » A bon entendeur !

Infos pratiques

Le musée n’appartenant pas à la ville, il se cale sur des horaires qui lui sont propres. Il est ouvert en fin de semaine : le vendredi et le samedi de 10h à 22h, et le dimanche de 11h à 18h. Pas de panique en cas d’affluence, le départ de visite se fait toutes les heures. Pour les tarifs, comptez 14€ en plein-pot, 11€ pour les moins de 25 ans, les étudiants, les demandeurs d’emploi, les membres et les familles nombreuses. Enfants, vous ne débourserez que 8€.

Comme dans tous les musées, retrouvez la boutique et l’espace accueil au rez-de-chaussée du musée, dans une ambiance chaleureuse et moderne.

A noter qu’en ce moment, l’exposition permanente se porte sur «  Vodou : l’art de voir autrement ».  Et qui plus est, le graphisme a été réalisé par Benoît Schupp, du collectif : Nous sommes Légion, dont fait partie notre artiste du mois dernier, souvenez-vous !

Strasbourg résonne sur les tams-tams de l’Afrique, et on compte bien vous y voir !

www.musee-vodou.com

Musée Vodou
4 route de Koenigshoffen
67000  Strasbourg

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