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Le Misanthrope au TNS

Du 11 au 21 mars, le TNS joue un grand classique du théâtre : Le Misanthrope. Dans cette comédie, Molière cherche à dresser le portrait de son époque et critique le fonctionnement de la cour où tout n’est que superficialité, flatterie, ridicule et faux-semblants.

« Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers »

Alceste hait tout le monde, il dénonce l’hypocrisie et la flagornerie de tous. Il prône l’honnêteté, la franchise : « Je veux qu’on soit sincère et qu’en Homme d’honneur, / On ne lâche aucun mot qui ne parle du cœur. » Mais Alceste est un « atrabilaire amoureux » et il a un faible : il aime Célimène, incarnation de la préciosité classique dans sa coquetterie et sa médisance. Mais quand Alceste déteste les hommes, Célimène, elle, les aime tous, ce qui n’a de cesse d’attiser la jalousie maladive de notre misanthrope. Elle se joue de tous et de lui par une maîtrise de la double parole et des jeux d’esprit. Dans son ambiguïté et sa dualité, elle constitue le bémol, la petite faiblesse dans les principes d’Alceste et dans sa vision de la vie.

Le Misanthrope est, avec Dom Juan et Tartuffe, considérée comme une des « comédies sérieuses » de Molière et est très difficile à jouer et à mettre en scène : l’action y est laissée de côté au profit de la parole. Mais Jean-François Sivadier y a privilégié le comique de la pièce. Sa mise en scène se joue des codes classiques. La pièce s’ouvre sur un Should I stay or should I go des Clash sur lequel Alceste – punk de l’époque ? – danse frénétiquement. Et c’est justement cette question qu’il ne va cesser de se poser : doit-il rester dans cette société qu’il méprise ou partir dans son « désert », loin de la société ? Avec Célimène ou tout seul ?

Tout au long de la pièce, Jean-François Sivadier va s’approprier les codes classiques, mêlant classicisme et modernité à travers l’utilisation des anachronismes. Nous ne sommes plus à l’époque de Molière mais nous ne sommes pas pour autant à la nôtre. Alceste et Oronte sont en kilt, la servante de Célimène en mini jupe. Le clinquant et l’extravagance de l’époque sont représentés par des lustres en chaises, des fontaines, même les perruques font des aller-venus, le tout sur une mise en scène rock et contemporaine.

Jean-François Sivadier signe une superbe mise en scène. Les comédiens s’approprient les alexandrins avec naturel et aisance. L’accent est mis sur la parole qui joue un rôle prépondérant dans la pièce. Jean-François Sivadier le confirme : « Dans Le Misanthrope, parler c’est survivre. »

www.tns.fr

Photo : Brigitte Enguerand
Texte : Camille Grossiord

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