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Pulvérisés, en apnée au coeur de la mondialisation

Deux femmes, deux hommes. Quatre métiers, quatre coins dans le monde. Vingt-quatre heures dans le quotidien de quatre grains de sable de la grande économie mondialisée.

Si l’énumération de ces chiffres n’a pas de grande importance dans la pièce d’Andréa Baudet, ils constituent souvent l’unique réalité à laquelle sont confrontés les acteurs de l’économie mondiale. Pulvérisés, la dernière création du TNS, réintroduit l’humain dans les rouages de la machine économique. Non sans provoquer quelques crissements. De la part des metteurs en scène également.

« Il faut du courage, avance Jacques Nichet, mais quand on a peur, il faut y aller », continue-t-il à propos de son appréhension à représenter la pièce de d’Andréa Baudet. Les deux metteurs en scène évoquent leur rapport à Pulvérisés. Une difficulté, qui se situe pour Aurélia Guillet, à « représenter l’obscurité dans laquelle on est » et celle retranscrite par la pièce.

« On aurait pu chercher quatre personnages qui correspondent à ceux de la pièce », se justifie Jacques Nichet. Un choix visiblement trop traditionnel au regard de l’écriture à laquelle ils étaient confrontés. Ils ont donc opté pour deux acteurs, un homme et une femme, sensés représenter les protagonistes. Ces deux comédiens agissent à la manière de « démons » ou d’« anges » selon les situations. Des « représentations » assez proches de celles qui apparaissent dans Les ailes du désir du réalisateur allemand Wim Wenders.

L’originalité du texte se situe dans son énonciation. Les protagonistes s’adressent à eux-même par le tutoiement. Aux metteurs en scène la question de la représentation de cet espace mental. De cette conscience et des perceptions qui en découlent. De l’immense solitude des protagonistes. Et Aurélia Guillet insiste sur ce point, qu’« il s’agit de faire imaginer, de suggérer par les moyens poétiques du théâtre une réalité lointaine que nous occidentaux avons du mal à nous représenter. »

La réalité d’un français, cadre, responsable qualité de produits. Un homme fatigué, coupé de sa famille et rongé par l’alcool, qui se déplace un peut partout dans le monde. Celle d’un sénégalais, contre-maître dans un call-center, qui doit commettre pour survivre un acte d’une rare violence. Ou celle d’une chinoise, petite ouvrière perdue, qui trouve refuge dans l’écriture et la calligraphie…

Si les situations sont parfois difficiles et suffocantes, le texte n’est jamais pessimiste. Il montre, certes, des individus totalement dépassés par les événements mais qui leurs font face, à leur propre échelle et par leurs propres moyens.

C’est donc à une mise en scène polyphonique que vous convie Pulvérisés, où le son, la vidéo, le jeu et la lumière prennent une dimension toute particulière. Surtout lorsqu’il s’agit de représenter l’invisible et l’indicible.

Pulvérisés, du 4 au 21 février, TNS Strasbourg.

Plus d’infos : www.tns.fr

Article : Antoine de Brun

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