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L'art contemporain dans Strasbourg#1

L’art contemporain s’exporte depuis quelques années dans l’espace public strasbourgeois. Pour soutenir la création contemporaine, quoi de mieux que d’installer des œuvres d’art directement au cœur de la ville, dans les parcs et leurs environs ? Le public côtoie ainsi, sans même s’en rendre compte parfois, des chefs-d’œuvre artistiques de renom. Petit tour sur ces œuvres que vous passez peut-être sans voir.. Et coup de pouce pour votre culture personnelle sur « l’art contemporain », dont vous pourrez vous targuer de connaître désormais quelques célèbres figures !

Ligne A

Nous débutons sur la ligne de tramway A, sur les colonnes de billetterie Wilmotte de toutes les stations de la ligne A de Hautepierre—Maillon jusqu’à Baggersee : « Troll de tram » de l’Ou.Li.Po. Levez votre tête juste au-dessus du cadran qui affiche les horaires des prochains trams, et vous verrez des textes affichés : des jeux sur le langage et ses multiples possibilités poétiques. Il y a quatre séries à découvrir : les variations symphoniques, les notices toponymiques avec un éclairage étymologique ou historique sur le nom de la station, de courts récits-feuilletons où seules les lettres figurant dans le nom de la station correspondante sont utilisées et le « langage cuit » c’est-à-dire une accumulation de formules dans lesquelles on retrouvera quelques mots-clés. Un véritable parcours est proposé au voyageur qui devient, a fortiori aussi lecteur. De quoi se distraire et s’amuser durant un (parfois) long et fastidieux trajet.

 

Place de la gare, sur la ligne du tram A il y a cette gigantesque affiche « l’empathie peut changer le monde » de l’artiste Barbara Kruger. Un contenu critique auquel personne ne peut échapper, à la fois neutre et cynique puisqu’il prend la forme d’un slogan qui s’adresse à chaque passant. L’œuvre originelle a perdu de sa couleur depuis les travaux de la gare et l’érosion du temps, elle n’en préserve pas moins une certaine force de frappe qui bouleverse et questionne.

The Woman Walking to the Sky. D’aucuns s’en souviennent encore, l’oeuvre de Jonathan Boroksky s’est plantée là un beau matin, devant la triste Place des Halles et y apporter un peu de rêve et pas mal d’interrogations. Sur un mât oblique de 25 mètres, une femme avance d’un pas décidé vers le ciel..

Passons maintenant à la ligne B. Sur les quais des stations de la ligne, de Hoenheim gare à l’Elsau, des lignes C et E de la République à l’Esplanade. « Lieu urbain multiculturel mobile », le tram incarne un lieu de rencontre des cultures, des langues, etc. Le projet de Jean-Marie Krauth est né de cette idée d’une société alsacienne cosmopolite. Cette fois-ci, regardez vos pieds (enfin presque) : à même le sol, sur chaque quai des stations, une petite boussole. Sur chaque boitier de boussole, un nom de lieu a été gravé avec son repère sur le cadran.

Sur toutes les colonnes de billetterie des stations de la ligne B, les illustrations d’Alain Séchas reflètent le point de vue d’un touriste. Gag, image coupée en deux parties, inspirés de l’environnement immédiat ou d’une portée plus générale, ces petits dessins proposent de petits clins d’œil humoristiques sur la capitale européenne.

Vox populi. Eh oui, les voix d’annonce qu’on entend d’une station à une autre sur les lignes, avec petite musique de fond, ne sont pas le fruit du hasard mais .. une réflexion artistique ! Ancien leader du groupe strasbourgeois Kat Onoma, le musicien Rodolphe Burger a été invité à intervenir sur les lignes B/C. Multiplier les voix, en varier les timbres, les accents et les âges pour faire vivre une cité cosmopolite.

Place Saint-Pierre-Le-Vieux, station Alt Winmärick : le bar des plantes de Jean-Luc Vilmouth fonctionne comme une serre. Petit jardin au milieu du béton, la serre a permis de créer une sorte de microclimat et est « animé » depuis son inauguration par un fleuriste.

 

Place de la République, la spirale Aby Warburg de Bert Theis forme un point de dissymétrie, sorte de banc géant, tournant sur une douzaine de mètres de long et montant en pente jusqu’à un mètre vingt. Un bananier japonais se trouve au sommet, sur une placette circulaire d’environ six mètres de diamètre.

Au parc Emile Stahl à Schiltigheim, le Chat des Rives de l’Aar vous dit « coucou » d’un air gêné, bouée en forme de cygne autour de la taille, palme au pied. La sculpture, signée Alain Séchas, est placée parallèlement à la rivière.

Sur la passerelle Georg Simmel de Siah Armajani, on peut lire les vers du poète Jacques Roubaud : « Vois, l’eau enfuie est venue viendra reviendra revient vient est venue et revenue s’en va sans cesse. » « L’eau enfuie qui est venue qui vient viendra sans cesse reviendra revient vient, vois, l’eau revenue s’en va. » Etroite relation entre la culture et la géographie.

Avenue du Général de Gaulle, sur la ligne du tram C conduisant vers l’arrêt Esplanade, vous avez sans doute déjà pu observer des sculptures.. Celles-ci ont été réalisées par Jean-Marie Krauth. Sur des socles rouges, bleus et jaunes pétants, on retrouve les œuvres des Emile Gilioli, André Ramseyer, Antoine Poncet, Ossip Zadkine et autres amis ou disciples du Dada Jean Arp. Sur chacun des socles, une sculpture du passé invite le passant à s’asseoir, prendre le temps de se poser cinq minutes entre deux cours(es).

Quartier gare- petite France

Au musée d’art moderne et contemporain, sur la place Jean-Hans Arp, un cheval au museau d’or trône fièrement sur la terrasse. L’Hortus conclusus (jardin clos en latin) de Mimmo Paladino représente un sujet classique dans la représentation médiévale de la Vierge à l’Enfant dans le jardin du paradis. La figure du cheval hiératique (sans oreille, sans crinière ni queue) apparaît ainsi dans de nombreuses œuvres de l’artiste. (photo en tête d’article)

A bientôt pour la suite et en attendant, bonne visite avec vos amis, visiteurs et votre famille dans les rues de Strasbourg et la CUS !

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