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Jazz et films noirs

Jazzman cinéphile, Stephan Oliva parle avec une grande sensibilité de ses deux passions.

Il a choisi de s’intéresser en particulier aux films noirs et aux rapports que ces derniers entretiennent avec la musique, le jazz en particulier. L’élégant jazzman raconte sa rencontre avec le cinéma et son désir d’y associer sa fibre musicale. Le film noir s’est peu à peu imposé comme « fil d’Ariane » explique-t-il. Pour cet aficionado du cinéma, « la musique apporte chaleur et profondeur au 7ème Art. »

Quand la musique révèle la vérité du sensible

Dans l’histoire du cinéma muet, la musique a toujours occupé une place de choix, agissant comme un palliatif à l’absence de paroles. Stephan Oliva souligne d’ailleurs « l’héritage profond de l’opéra » dans les choix musicaux des films portés sur le grand écran. « Metropolis constitue à cette image un vrai opéra musical » note le jazzman. A l’époque du cinéma muet, les musiciens jouaient en direct des partitions souvent stéréotypées et les bruiteurs reproduisaient les sons du quotidien pour les accentuer. Un travail sur le son important, et qui passait souvent inaperçu. L’influence de la musique de film était et demeure à forte dominante classique et demande une grande connaissance de l’orchestration.
La séance débute avec un extrait du film noir « The Lodger » d’Hitchcock (1927). Stephan Oliva se met en position d’un pianiste qui joue sur un film muet. Film qui sera pastiché par les Frères Cohen et dont la musique ne sera autre que celle du très célèbre (et classique) Beethoven.

Ce sera finalement le cinéaste Otto Preminger qui emmènera le jazz à l’écran. En 1959, il fait appel au grand jazzman Duke Ellington pour composer la BO de son film « Autopsie d’un meurtre ». Dans le film, le jazz devient « un tapis d’harmonie derrière les paroles » pour Stephan Oliva. Et d’ajouter : « La musique exprime tout ce qui n’est pas dit. » La musique crée la tension dramatique. A l’instar d’un film noir, la trame demeure la même, le cinéaste comme le jazzman joue sur le même standard mais compose à chaque fois quelque chose de différent, d’original, d’unique. Sans musique, certaines scènes perdraient tout leur sens.

 » Il s’agit de faire naître une émotion dans nos oreilles »

Le jazz est souvent associé à la folie du personnage. Un parallèle très moderne peut ainsi être fait avec le personnage de Carrie Mathison, dans la série télévisée Homeland. Sur fond de jazz interrompu par des bribes de reportages radios, le générique de la série présente des photographies de la jeune femme, depuis l’enfance. 30 ans de sa vie défilent sur l’écran, nous apprenant qu’elle a pratiqué la musique, la trompette et le piano, de Louis Armstrong plus précisément. Le jazz s’emmêle à la vie du personnage, entre réalité et folie, la frontière est mince. La musique ne fait que souligner le caractère ambivalent de la jeune femme.
Stephan Oliva multiplie les références cinématographiques et vogue d’un auteur à l’autre. Il partage sa large palette de compositions et offre un fascinant voyage à travers l’histoire du film noir.

« Une des grandes beautés du cinéma, ce sont les tableaux que cela suscite » conclut-il. Une beauté subtile qu’il sait transmettre à son auditoire à travers sa musique.

Photo: Stephan Oliva, Télérama. « The Lodger » d’Alfred Hitchcock. « Autopsie d’un meurtre » d’Otto Preminger.
Texte: Camille Feireisen

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