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Gibraltar de Julien Leclercq

Histoire vraie et acteurs d’exception, c’est le combo gagnant. Et ça, Julien Leclercq l’a bien compris. Inspiré par l’expérience de Marc Fievet raconté dans son autobiographie L’aviseur, Gibraltar retrace la vie de Marc Duval, un français expatrié qui devient agent d’infiltration pour le compte des douanes françaises. Empathie, suspens et culture du pays sont les maîtres-mots de ce thriller français. Explications.

Assis dans le noir, le film commence. Et dès les premières secondes, l’ambiance générale du film se fait ressentir. Gilles Lellouche, alias Marc Duval, est seul sur son bateau, en pleine mer, perdu dans les eaux, perdu dans sa tête. On se laisse porter avec lui, et on s’imprègne de cette noirceur, de cet étrange calme.

Sur un scénario parfait d’Abdel Raouf Dafri – que l’on connait grâce au film Un prophète – on note surtout le côté technique merveilleusement bien réussi. Retraçant les années 1990, le réalisateur a volontairement vieilli ses images et surtout laisse de côté la dimension de l’action. Pas besoin d’effets spéciaux, pas besoin de grands moyens, l’histoire et les dialogues se suffisent à eux-mêmes. Loin d’être un film à l’américaine, ce long-métrage est un thriller passionnant et incroyablement efficace.
Les acteurs y sont pour beaucoup, cela dit. Gilles Lellouche, comédien en vogue, a troqué son humeur des Petits Mouchoirs et ses personnages hilarants dans Des infidèles pour son blouson de cuir et sa barbe dans ce rôle de trafiquant de drogue embarqué dans une spirale infernale. Parlons de Tahar Rahim aussi. Après son rôle dans le chef d’œuvre Un prophète qui lui a valu deux oscars, il endosse ici sa cape de douanier français naïf et fidèle : une prouesse cinématographique. Et c’est sans compter le talent made in Italy de Riccardo Scamarcio, la jeunesse de Mélanie Bernier et le professionnalisme de Raphaëlle Agogué.

Seul bémol dans cette histoire ? Des actes parfois trop incompréhensibles. Entre autres, le coup de foudre de Cécile pour Mario, et les remontrances verbales insuffisantes de la femme du héros. Mais personne n’est parfait, Gibraltar possède toute la force émotionnelle nécessaire dans ce genre de film. La tension est à son comble jusqu’au bout, et nous tient en haleine jusqu’à la dernière seconde. Loin d’être une condamnation envers certaines pratiques des douanes françaises contre leurs « aviseurs » mais aussi à des années lumières de faire l’éloge de ce genre de tractations douteuses, ce film est le coup de cœur de notre rentrée. Il nous amène tous à réfléchir sur le poids de nos erreurs, sur un (gros) fond d’histoire vraie.

Texte: Charlotte Baechler

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