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Chifumi

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«PAPIER, CAILLOU, CISEAU» : CHIFUMI A CHOISI SON NOM EN RéFéRENCE AU CELEBRE JEU DE MAINS. BIEN LUI EN PRIT. CET ARTISTE POLYMORPHE A FAIT DE L’ESPACE URBAIN UN TERRAIN D’ExPRESSION PRIVIEGIE. LE GRAIN DE SABLE QUI S’INFILTRE DANS NOTRE QUOTIDIEN ET NOS CONSCIENCES. DU STREET ART QUI HAPPE LA RéTINE, LA REALITE SOCIALE DE SON EPOQUE CHEVILLEE AU CORPS ET AUX PINCEAUX. OUI LE PAPIER MANGE LE CAILLOU.

ITINÉRAIRE D’UN ARTISTE PROLIFIQUE Si dans un premier temps, l’attrait visuel de la culture graffiti le pousse naturellement vers l’art, c’est bel et bien l’école qui l’aide à pousser la réflexion plus loin. Les Beaux Arts de Mulhouse d’abord, ceux de Dijon ensuite. Il fut également membre de Démocratie Créative (DC) : “quand je me suis rapproché de DC, l’association installait des passerelles entre les artistes et le public à travers la création dans le milieu urbain. Puis avec le temps nous nous sommes mis à expérimen- ter nous-mêmes, mettant en place des actions artistiques qui utilisent les phénomènes de la rue, avec toujours à l’honneur : le jeu, la spontanéité et l’interaction.” Un état d’esprit particulier les anime, que ce soit dans la réflexion, la conceptualisation ou la réalisation des projets, le travail est fourni en commun. Chacun évolue désormais de son côté, mais les liens tissés sont restés forts ; Chifumi va entamer un tour du monde avec l’un d’eux, le tout documenté par vidéo et diffusé sur Arte Creative.

DERIVE URBAINE ET PSYCHOGEOGRAPHIE

Le colmarien d’origine travaille à la manière des situationnistes, et parcourt la ville quotidiennement. Les concepts de dérive urbaine et de psychogéo- graphie sont au coeur de son processus créatif. Le fond des ses réflexions vient de là : “je crée par l’espace urbain et pour lui. Tout est prétexte (et contexte) à se laisser envahir par mon imagination : un nom de rue exotique, une discussion volée, un élément architectural remarquable ou même encore des faits sociologiques. On peut définitive- ment parler d’esthétique de rue car elle m’englobe totalement.”

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TECHNIQUE : AFFICHAGE TOUT TERRAIN

Chifumi utilise principalement l’affichage pour s’exprimer à travers un pan de son travail : la violence et sa manifestation dans l’inconscient collectif populaire. Avec le temps et l’expérience, l’artiste s’est rendu compte que l’affiche en elle même, le matériau, c’est-à-dire le papier possède de très grandes qualités plastiques – en plus d’être bon marché – mais aussi beaucoup de contraintes. “Je joue avec les propriétés du papier, je l’utilise pour ce qu’il est. J’espère être toujours surpris des perspectives offertes par une matière aussi fragile et pauvre (dans le sens des artistes Arte Povera).”

LA VILLE COMME UNIVERS D’EXPRESSION

En choisissant l’espace de la rue pour s’exprimer, les rapports entretenus vis-à-vis du public et de ses oeuvres sont radicalement différents. Il inter- vient dans des lieux habités, qui racontent chacun leur propre histoire car la vie y est présente en permanence. “Mon travail va vers les gens sans le leur demander, a contrario de la galerie où on fait la démarche d’aller à la rencontre de l’art. Dans une de mes dernières oeuvres à Strasbourg, j’ai mis en place un système de tombola urbaine, sous forme de petites affiches imprimées artisanalement en sérigraphie et collées à travers la ville. Chaque affiche était en fait un billet potentiellement gagnant. A travers l’idée de redéfinir les conceptions et les usages des déplacements urbains, ce projet entretient un rapport évident avec le public. Je pro- pose une dimension supérieure à la contemplation d’oeuvres dans l’espace public, autrement dit d’en devenir acteur. La portée sociale est indispensable pour moi à la création dans l’espace de la ville.”

murder avignon

L’envie de bousculer est prépondérante dans son travail, avec une volonté farouche d’installer une remise en question constante. “J’ai commencé à peindre des mains dans des situations singeant une certaine esthétique de la violence pour mettre en évidence l’académisme et la sclérose au sein du milieu hip hop ainsi que le spectre imaginaire qui s’en dégage. Plus personne ne parle d’avant-garde en regardant un graffiti, bien au contraire l’incons- cient collectif autorise des raccourcis avec les ghettos et le monde de la violence des quartiers. Maintenant le contexte change peu à peu, mais il y d’autres éléments auxquels je veux apporter ma vi- sion critique. Je dépense aussi beaucoup d’énergie pour ouvrir des portes techniques et esthétiques, trouver de nouvelles formes d’expression ainsi que de nouveaux supports.” Pourvu que ça dure.

www.chifumi.fr

Article : Charlotte Baechler

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