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Florence Vothanh AKA Miss Kinky

photo bon

Dame Nature est ainsi faite. Si certains animaux hurlent à la mort, d’autres hululent à la vie. Mr Hibou et sa créatrice Miss Kinky pourraient d’ailleurs bien être les porte-drapeaux de ces derniers. Strasbourgeoise d’adoption, le travail de notre artiste du mois fleure bon l’Alsace : des cuvées qui laissent un goût sucré sur les lèvres, avec un air de vendanges tardives. Et des créations expulsées du plus profond d’elle, qui dévoilent une palette de nuances et de sentiments antagonistes. Comme l’humour qui n’est parfois que les prémices de l’amer, et vice versa. Hibou Double Face posé sa patte sur la couverture de COZE 18e du nom et vient présenter tous ses compagnons de volerie. Houhou Houhou.

Miss Kinky c’est d’abord une bonne humeur contagieuse et une exploratrice de la première heure. Son pinceau, elle l’a forgé au contact d’univers très variés, avec une curiosité sans entraves, et ce depuis ses années collège : « la majorité de mes dessins étaient alors des portraits de personnages de jeux vidéo, des bouquets de fleurs pour ma mère ». Une passion naissante qui devint vite dépendance, et qui débouchera tout naturellement sur son premier book. « Les dessins qui le composaient étaient essentiellement basés sur le thème du sexe et de l’excentricité. C’était mon côté glauque et rebelle !  »

Son environnement et ses expériences de vie ont toujours nourri sa créativité ; lorsqu’elle rencontre son mari, un sneacker addict de la première heure, il lui transmet très vite le virus de la basket. Tout sauf un détail anodin : « c’est à ce moment que j’ai commencé à customiser des chaussures et des toyz. Mais je cherchais à faire quelque chose de différent » Une addiction qui va vite être transposée sur toile. Premier cobaye, où se reconnaitront les fans de sneakers, la mythique paire de Air Force One. Des expérimentations qui font qu’aujourd’hui encore les gens lui demandent pourquoi elle découpe des chaussures. « C’est tout un rituel : préparer la chaussure, prendre le couteau, commencer la découpe et découvrir comment la chaussure a été faite ! » Limpide. Quoique.

Une bouchère délicieuse et un travail qui l’a conduit à faire sa première exposition à Strasbourg sur la sneaker au Nouvel Accord. Pour autant, il lui est inconcevable de se limiter à ce seul champ d’expérimentation, « Je ne cherche pas à avoir un univers qui m’est propre et à m’enfermer dedans. Je veux simplement m’exprimer et travailler aux coups de cœurs. Dès que je dessine je suis dans ma bulle, dans mon ailleurs. De toute façon mes dessins varient selon les aléas de mon humeur et de mon imagination. »

hibou inca

Une déambulation d’équilibriste entre les divers univers où elle puise, jusqu’à sa rencontre avec le hibou, un coup de foudre. « C’est un oiseau qui est devenu ma source d’inspiration, un oiseau mystérieux à l’air sympathique, à la fois symbole de méchanceté et de froideur mais également de sagesse et de connaissance. »

Une palette de personnages va naître de cette rencontre. Madamhibou, Hibou marabout, Illuminati hibou,  Hiboo mystérieux, Hibou Double Face et toute une flopée qui ont depuis garni les rangs de la tribu.

Une voie qui a su répondre à ses envies techniques et artistiques du moment : « Mes techniques évoluent en fonction de ce que je dessine. J’avais envie de plus de couleurs, plus de graphisme, de symétrie sur mes dessins. Le hibou est donc le bon cobaye ! Chaque hibou que je dessine est une sorte d’identification à moi-même. J’ai commencé par faire des formats A4 avec l’idée de me faire un tatouage. Par la suite, je suis passée sur des toiles grands formats. Plus j’avance dans mon travail, plus je deviens minutieuse, exigeante et perfectionniste. »

Une remise en question permanente qui attise son envie d’en apprendre toujours plus. « Effectivement je me dis souvent que dans une vie, on n’a jamais tout appris. C’est peut-être pour ça que j’aime toucher à tout, faire de la couture, du bricolage, la cuisine, la décoration, retaper les vieux meubles, etc. J’aime me donner de nouveaux challenges pour évoluer dans mon travail. »

sexual hurges

100 fois sur le métier remets ton ouvrage. Cette énième autodidacte a fait sienne cet adage, et continue son apprentissage au quotidien. « Les avis et les conseils me permettent d’évoluer dans mon travail. C’est ce qui est important pour moi. Je prends tout de même le temps d’expliquer mes dessins. J’ai toujours une inspiration à la base, puis j’en rajoute encore et encore, jusqu’à l’overdose. Et là je stoppe. Je veux que ça me plaise avant tout ! Je suis capable de tout reprendre à zéro si ça ne me plait pas. » Gageons que cette jeune artiste saura encore nous surprendre à l’avenir.

Infos :

www.mrhibou.tumblr.com

www.kinkustom.blogspot.com

Page Facebook : Flo Kinkustom

Instagram : flo kinkustom

www.lenouvelaccord.fr

Coup de Coeur de l’artiste : mobarroux.over-blog.com 

La couv’ vue par l’artiste :

Je dis souvent qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Mr Hibou Double Face est peut-être le dessin qui me représente le plus, car sous ses airs sympathiques, se cache en fait un oiseau mystérieux aux multiples facettes. Comme moi !

Exergues :

Je ne cherche pas à avoir un univers qui m’est propre et à m’enfermer dedans.

Dans une vie, on n’a jamais tout appris. C’est peut-être pour ça que j’aime toucher à tout.

C’est un oiseau qui est devenu ma source d’inspiration, un oiseau mystérieux à l’air sympathique

Plus j’avance dans mon travail, plus je deviens minutieuse, exigeante et perfectionniste.

Chaque hibou que je dessine est une sorte d’identification à moi-même

Mr Hibou Double Face est peut-être le dessin qui me représente le plus.

Chavirer les coeurs

Ses démons et ses anges. L’obsession du territoire.

L’esthète, c’est aussi l’art d’apprivoiser, on  ne rend beau que ce qu’on a su tailler.

Il balaie déjà large, ça fait bien longtemps qu’il sans histoire ni dérives géographiques.

Et puis parfois on veut s’imposer la loi du silence. Un sentiment somme toute commun. L’omerta de l’âme quand l’amer te touche, l’amer salé. Le cœur bat la mesure.

Le fruit de l’osthmose entre les 5 sens / au diapason et pourtant le cœur est malade.

Formé à bonne école, il applique sa recette maison : 100 fois sur le métier remets ton ouvrage. Un peu trop peut-être. De la sueur, du talent et le respect des anciens.

Le fil du marionnettiste, peaufiner jusqu’à ne pas sortir. Grippé, qi se conjugue au pluriel. Une purge nécessaire, un peu comme si on vous charcutait le nerf de la molaire… ou de la dent de sagesse.

Article : Charlotte Baechler

Photo : Thomas Danesi

 

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