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DAN 23

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Les oeuvres de Dan23 passent difficilement inaperçues. Une explosion de couleurs et de portraits disséminés ici et là, au détour d’une intersection, sur un axe fréquenté ou sur un pas de porte à l’abandon qui sont autant d’invitations à se laisser perdre dans les rues de Strasbourg et d’ailleurs. Quelques graines semées pour détourner notre regard du bal des aiguilles qui se joue sur nos poignets et nos consciences. Rencontre.

Cet artiste polymorphe a fait de l’espace urbain son terrain d’expression favori. Formé à bonne école, celle des autodidactes, il applique sa recette maison : 100 fois sur le métier remets ton ouvrage. Du Street Art qui happe la rétine, la réalité sociale de son époque chevillée au corps et aux pinceaux. “La peinture est sans aucun doute mon mode de communication et les murs de la ville mon lieu d’expression. C’est ma façon de m’approprier la ville, de la rendre plus agréable à vivre, plus poétique en plaçant ici et là des portraits lumineux que je souhaite partager au plus grand nombre quelque soit l’âge ou la classe sociale.”

Pour exprimer son art efficacement, qui plus est dans un contexte d’illégalité, Dan23 utilise essentiellement 2 techniques. “Le collage me permet de replacer à une échelle différente les travaux d’aquarelles que je réalise en atelier. J’aime profondément l’aquarelle parce qu’elle demande de la spontanéité, de la minutie et qu’elle est riche en couleurs !  La seconde technique que j’utilise en ville est le pochoir, que je rehausse d’acrylique et de bombe pour leurs apporter plus de finesse. Dans un souci d’efficacité, ces portraits sont le plus souvent réalisés en une seule couleur, le blanc. “

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Douceur, humanité et engagement

Mais n’allez pas lui parler de vandalisme. Il crée par l’espace urbain et pour lui. En choisissant l’espace de la rue pour s’exprimer, les rapports entretenus vis à vis du public et de ses oeuvres sont radicalement différents. Il intervient dans des lieux qui racontent chacun leur propre histoire car la vie y est présente en permanence : “ ma démarche n’est pas de détériorer mais d’embellir, d’y apporter de la douceur, de l’humanité. C’est pourquoi je prends soin de choisir les lieux où je vais peindre, de préférer un endroit dégradé, comme une vieille porte rouillée, un mur abandonné par exemple et tenter d’en faire un endroit plus chaleureux. C’est une autre façon de découvrir la ville, de rechercher le bon contexte qui accueillera ma peinture. “ Une esthétique de rue et une portée sociale qui sont selon lui essentielles à la création dans l’espace de la ville car si pour certains sa démarche peut paraitre inutile, lui la considère comme indispensable : “C’est un engagement de peindre en ville, de démocratiser l’art, de se confronter à l’humain mais également au risque civil.”

Portrait d’un portraitiste
En témoignent ces portraits qui ont forgé sa renommée. Une dimension esthétique évidente, mais qui resterait quelque part impuissante si le message ne s’y dessinait pas en trame de fond. En effet si ces portraits ont la volonté quasi idéologique d’être accessibles au plus grand nombre, avec des portraits souriants, généreux, ce sont surtout des hommages rendus aux gens qui ont marqué son parcours. Qu’il s’agisse de Marvin Gaye, Coluche, Martin Luther King, Gandhi ou de ses proches la notion d’engagement est l’un de ses leviers créatifs majeurs. D’autant plus lorsque les grands combats de l’Histoire rejoignent ceux du quotidien, ces combats anonymes dont cette même histoire ne fait pas écho : “ Mes visages représente les différentes rencontres que j’ai faite dans ma vie. C’est en quelque sorte une série de polaroids de mon parcours qui me permet de remercier mes proches, de présenter des artistes et des associations que j’aime. De rendre hommage à ceux et celles qui oeuvrent pour un monde plus juste, d’inviter à la réflexion sur notre société et de parler, bien entendu, de musique. “ Et lorsqu’on parle de musique, Dan23 devient vite intarissable, lui qui anime aussi un radioshow quotidien  » Music is the key » pour partager ses coups de coeur. Une série de portraits, Soul Power, pourrait d’ailleurs résumer à elle seule cet état d’esprit avec un hommage vibrant à ceux qui ont porté cette musique libératrice et sincère, d’Otis Redding à Sam Cooke.
“Depuis toujours, la musique tient une place particulièrement importante que ce soit dans mon travail ou une fois rentré chez moi ! Elle est source de détente et d’inspiration et c’est par ce biais que je rends hommage aux artistes qui ont pu marquer l’histoire de la musique tel que James Brown, Donny Athaway et tant d’autres. D’ailleurs, chacun des visages que l’on découvre simplement au détour d’une rue porte le nom d’une chanson et je l’espère suscitera, quelques instants d’émotions. Comme un bon vieux morceau de musique !” A change is gonna come, chantait Sam Cooke.  

INFOS :
www.dan23.com
Consultez également sa page Facebook : DAN23.

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La couv’ vue par l’artiste :

MA COUVERTURE SYMBOLISE LA RENCONTRE, CELLE D’UN VISAGE POSÉ DANS LA RUE, QUI AMENERA PEUT ÊTRE UNE ÉMOTION, AU MIEUX UNE DISCUSSION Ou PEUT ÊTRE RIEN d’ailleurs !

Exergues :

“ ma démarche n’est pas de détériorer mais d’embellir, d’apporter de la douceur, de l’humanité “

“C’est un engagement de peindre en ville, de démocratiser l’art, de se confronter à l’humain mais également au risque civil.”

“Mes portraits rendent hommage à ceux et celles qui oeuvrent pour un monde plus juste, d’inviter à la réflexion sur notre société et de parler, bien entendu, de musique.”

“Mes visages représente les différentes rencontres que j’ai faite dans ma vie. C’est en quelque sorte une série de polaroids de mon parcours”

“Partager au plus grand nombre quelque soit l’âge ou la classe sociale.””

Rien à voir :

Rencontre du (2)3e type

Nina Simone – Black Is The Color Of My True Love’s Hair

Comme un signe avant-coureur. OU comment dresser le portrait d’un portraitiste n’est pas mince affaire.

TEXTE

Portrait interactif.. Prendre du recul pour aller voir au delà de l’horizon.

Focus particulier sur son travail autour du street art. Obnubilé par son quotidien. Le grain de sable qui s’infiltre dans notre quotidien et nos consciences. Le remous, la petite imperfection qui fait dérailler la machine, pour enfin nous sortir de notre enfermement.
L’envie de bousculer est prépondérante dans son travail, avec une volonté farouche d’installer une remise en question constante. La portée sociale au coeur de la création

Conjuguer la pratique de son art à une pratique illégale n’est pas mince affaire. Omniprésent sur les murs de notre ville,
Focus sur un artiste qui dépasse les codes de la Street culture. Vous avez dit humaniste ?
Quand bien même nous serions dépouillés d’un de nos sens, le travail de Dan23 mobilise les autres

 

Article : Charlotte Baechler

Photo : Thomas Danesi

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