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Les installations de l'Ososphère

Pour la première fois le festival de l’Ososphère se crée un espace permanent d’exposition à partir du 7 décembre à 14h00 sur le lieu de la Coop. On vous présente le programme :

ANTOINE LEJOLIVET

TEMPORIBUS

Antoine Lejolivet puise son inspiration dans des domaines à première vue éclectiques mais qui concourent tous à éclairer notre relation au monde. Fasciné par les phénomènes cosmogoniques et biologiques, il l’est également par les images fugaces et virtuelles dont notre quotidien est abreuvé et crée des marqueurs  : marqueurs de la présence humaine, de notre rapport au monde, à l’univers, masse impalpable et mouvante dans laquelle nous évoluons en quête de repère.

RÉCESSION ET LA MAIN DE ZEUS

Récession et La main de Zeus forment un ensemble dont le premier, un disque vinyle encadré, est activé par le deuxième, une sculpture avec une platine-disque et un système d’amplification. Représentation formelle de « la théorie de récession des galaxies », cette œuvre l’envisage à une autre échelle tout aussi impalpable… en tous cas au niveau du spectateur, qui peut uniquement se projeter mentalement dans cette plate-forme d’observation d’un événement temporel.

LA CONSTELLATION DE L’HORLOGE

La Constellation de l’horloge vient compléter cet ensemble, agissant en parallèle du système ci- dessus, notamment dans son rapport au temps. Cette installation fait partie de la série « les constellations de Nicolas Louis de Lacaille », dont celle de l’atelier du peintre et de l’atelier du sculpteur ont déjà été réalisées. Elle agit directement en parallèle du système décrit auparavant, par son nom ou ce qu’il représente, le temps mais aussi par ses matériaux qui ne sont pas susceptibles de survivre au temps de l’exposition : ces lampes peuvent arrêter de fonctionner par choc thermique, à l’image d’une supernova.

ANTOINE SCHMITT

CITY LIGHTS ORCHESTRA

La nuit, chaque ordinateur connecté éclaire la fenêtre de son bureau, de sa maison ou appartement. Dans la rue, les smartphones font de même. Les lumières individuelles de la ville font vibrer celle- ci. Cette symphonie visuelle ouverte pour les fenêtres de la ville sollicite la participation des Strasbourgeois appelés à rejoindre individuellement ou en groupes le City Lights Orchestra en se connectant tout simplement à Internet. Composée pour accepter un nombre illimité de participants et se recréant indéfiniment, à partir d’un ADN initial, la partition visuelle traite des rapports entre le niveau individuel et global, la complexité et l’organisation, l’ordre et chaos. La ville entière devient l’orchestre.

ARMAND MORIN

PANORAMA 14

Armand Morin a été diplômé des Beaux-Arts de Nantes en 2007. Son travail s’approprie les diverses formes générées par le monde des loisirs, liées au paysage et à l’architecture. En 2008, ses vidéos et sculptures sont récompensées par le Prix des arts plastiques de la ville de Nantes. Inspiré des dioramas de musées et des plans-reliefs, Panorama 14 propose des pièces de paysage à l’aspect minéral et massif, tour à tour révélées et dissimulées, soumises ou cachées au regard du spectateur par les courants d’air. Il souffle comme un air d’apocalypse normale sur ce territoire qui en sculpte la beauté.

AURÉLIEN VERNHES-LERMUSIAUX

L’EMPIRE

Aurélien Vernhes-Lermusiaux a fait des études de cinéma et de philosophie avant d’être diplômé du Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Il développe actuellement son premier long-métrage Nous ne garderons ni les fleurs ni le photographe. L’Empire est une installation qui joue sur l’impact que notre présence, humaine et sensible, peut avoir sur un lieu lorsque nous circulons dans ses ruines, les habitant également ainsi – au-delà de la beauté des décombres – du fantasme de ce qui a été.

BÄRBEL PFÄNDER

FADENSPANNUNG

Née en 1979 à Landsberg am Lech en Allemagne, Bärbel Pfänder vit et travaille en France après être passée par l’École des Beaux-arts de Cherbourg et de Bordeaux, l’Université de Caen et Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Autour d’un encéphalogramme et d’une machine à coudre, Fadenspannung nous amène exactement à l’endroit où, par la grâce de la rencontre avec l’histoire fragile et intime de l’autre, tissus de petits riens qui sont tout, nous pouvons éprouver face à l’extraordinaire ordinaire, un vertige émotionnel. Avec une infinie douceur, une grande pudeur et la puissance de la délicatesse, Fadenspannung renvoie à des intimités à ce point incarnées qu’elles sont universelles.

BÄRBEL PFÄNDER ET BRICE MOREL

DIE UHR

Brice Morel est né en 1974 à Paris et travaille comme technicien audiovisuel et projectionniste. Bärbel Pfänder et Brice Morel se sont rencontrés au Fresnoy – Studio national des arts contemporains et travaillent ensemble depuis 2009 entre Paris, Picardie et la Normandie. Die Uhr invite à une réflexion sur le temps et la distance, et sur la mémoire, historique ou familiale, qui en induit toutes les relativités. Dans un geste artistique inspiré par John Cage, Die Uhr utilise un piano qui a été transformé pour être joué à distance par l’écosystème d’une forêt de sapins inscrite au cœur d’une histoire familiale, creuset indéniable d’un rapport au monde.

BERTRAND PLANES

SANS TITRE

Issu de l’ENSAD Paris et de l’École supérieure d’art de Grenoble, Bertrand Planes dénature par sa pratique l’impératif fonctionnel et commercial de l’objet produit en série et laisse intact ses qualités esthétiques, le détournant ainsi de ses fonctions existantes et lui en attribuant de nouvelles. Les œuvres de Bertrand Planes empruntent à la technologie et surtout à ses utilisations, causes et conséquences sociales et sont exposées dans de nombreuses galeries et manifestations sur le plan international. De notre rencontre et de regards croisés sur Strasbourg et l’époque est née l’une de ces relations au long cours que nous chérissons, notamment autour de l’installation BumpIt!, inspirée d’une technique utilisée pour simuler du relief en images de synthèse et qui procède par illusion d’optique ; un récit apparaît, qui s’écrit entre la nature des objets ainsi interrogés et le vécu que le spectateur y projette. Aujourd’hui, dans une quête du regard, Bertrand Planes renverse la supposée absolue fonction de captation de l’appareil photographique pour lui donner le statut de projecteur. Posé au centre de l’installation, il en est un des éléments plastiques directement lié à ceux dont il donne à voir la trace disparue.

CALVACRÉATION

IL FAUDRA DESCENDRE VERS LE HAUT

Au sein de Calvacréation, plate-forme d’expérimentation, de réflexion et de création, Sabrina Montiel-Soto et Fabrice Croizé créent des installations « immersives », confrontant les nouvelles technologies à des moyens traditionnels dans un geste artistique et cinématographique qui rencontre singulièrement la trajectoire de l’Ososphère. Il Faudra descendre vers le haut est une installation audiovisuelle en relief. Prise au piège du chaos, une femme gravit un enchevêtrement de poutres et recommence son ascension, éternellement. Une vision – peut-être miroir – au cœur d’une flaque urbaine, un fantasme de l’en- dessous, une projection in situ de notre cinéma intérieur au détour d’un décor façonné par l’usage.

CECILE BABIOLE

PIXELS

Après s’être consacrée à la musique industrielle au sein de Nox dans les années 80 puis la réalisation vidéo et l’animation en images de synthèse, Cécile Babiole s’est orientée vers la création d’environnements dynamiques privilégiant les manipulations en temps réel de l’image et du son et leurs interactions. Son travail a été distingué par de nombreux prix. Au-delà des plaisirs que réservent les amitiés fidèles, c’est pour l’Ososphère une heureuse aventure que de suivre l’évolution à la fois impétueuse et rigoureuse de son parcours d’artiste. Pixels offre la poésie d’une séquence vidéo en ultra basse résolution à notre regard sollicité par le full HD universel et autres dictats du progrès technologique. Réduite à quelques pixels, cette séquence se présente comme des motifs énigmatiques, sortes de constellations mouvantes ou calligrammes animés. De nouveau aux commandes, le regard crée autant qu’il admet et bâtit son environnement.

CECILE BEAU

Diplômée des Beaux-Arts de Marseille en 2003 et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains en 2008, Cécile Beau a multiplié des résidences dans différentes villes tel que Loctudy, Berlin, Bourges ou Bruxelles. En 2012, elle expose notamment à la Galerie Farideh Cadot (Paris) et au Palais de Tokyo (Paris). Un assemblage d’éléments en verre composé de tubes, de ballons, de valves. Sorte de distillerie, raffinerie miniature, machine transparente pour une visibilité accrue sur l’invisibilité du son. À l’intérieur, des systèmes de captation et d’émission sonores se relaient pour créer une circulation. Sculpture architecturale et sonore, cette installation offre au spectateur de considérer à distance les logiques de propagation du son dans le bâti et propose ainsi une expérience qui nourrit nos immersions quotidiennes.

CYPRIEN QUAIRIAT

C’est autour d’une Salle d’Attente et de ses possibles que nous avons rencontré Cyprien Quairiat, devenu depuis l’un des sociétaires de l’Ososphère dans l’une de ces relations multifacettes qui sont au coeur de l’aventure de l’Ososphère. Né en 1980 à Tourcoing, il est passé par l’École des Beaux- Arts de Tourcoing et Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains et a exposé notamment à la Fondation Miró à Barcelone ou à la Ferme du Buisson.

INSTANT INSTABLE

Sur la photo, une friche en dentelle apparaît, se révélant par zones alors que la lumière traverse cette image, pourtant a priori figée dans sa posture d’instantané. Instant Instable scrute la pénombre et la lumière et plonge le spectateur dans le doute, jouant avec les strates d’images mentales qui constituent pour part notre regard. Ce faisant elle l’augmente et le nourrit, qu’il se pose sur d’autres écrans ou s’exerce sur les contextes que nous habitons.

NICKED LANDSCAPE

Dans un geste photographique au format troublant, Nicked Landscape considère les paysages miniers pour assembler dans un même regard la partie visible d’un paysage avec son support, invisible dans sa profondeur, la terre. Ici installé in situ, au cœur de ce territoire industrieux que l’Ososphère habite, Nicked Landscape évoque l’activité du Port que l’on aperçoit en tournant les yeux et celles qui y sont connectées.

DAVID BURROWS

MIRAGE PROJECT [FOREST]

David Burrows est un artiste «multi-plateformes» : son travail investit les champs du dessin, de la photographie, de la vidéo, de la performance et de l’installation multimédia il est engagé dans un parcours international dont Strasbourg est devenu un singulier port d’attache affectif par la grâce de la relation qu’il développe avec l’Ososphère. Mirage Project [Forest] transpose une forêt tropicale australienne dans la zone portuaire strasbourgeoise. Le paysage est photographié en stéréo depuis plusieurs points de vue. L’image qui en résulte se regarde avec des lunettes stéréoscopiques, qui sont disposées en suivant les points de vue utilisés autour d’un pixel de bois – objet commun aux deux situations. L’installation ouvre un portail sur un paysage fantôme et incarne la manière dont la pluralité des expériences vécues nourrit notre regard sur les contextes que nous traversons, jusqu’à créer de troublantes superpositions.

DJEFF REGOTTAZ

BREEZE

Né en 1975, Djeff Regottaz vit à Paris. Enseignant chercheur, directeur artistique de Sciences Po Paris, il est le fondateur du studio de création numérique « Dekalko Studio ». En 2000, il remporte le prix Hachette Fondation du Créateur Numérique pour son œuvre Trajectoires. La tentation du miroir à deux faces à travers une sculpture de flux d’ombre, de lumière et d’air. Révélée à notre passage par la face héliosensible de l’écran à paillettes, l’ombre du corps devient lumière, chaque mouvement se transforme en jeu lumineux et explore le corps dans l’espace, évoquant l’interaction de nos chorégraphies quotidiennes avec les écrans inertes ou dynamiques offerts par l’environnement urbain.

ÉTIENNE REY

TROPIQUE

Étienne Rey joue des dimensions plastiques, sonores et de l’espace. Sa démarche, que nous suivons depuis plusieurs années, s’emploie à révéler de manière sensible des mécanismes d’organisation et de relations génériques qui structurent pour part notre monde. Il est résident à la Friche la Belle de Mai, artiste associé à ZINC de 2001 à 2009 et à Seconde Nature de 2010 à 2012, structures complices de l’Ososphère. Dans un environnement caché des regards, des faisceaux de lumière découpent l’espace de l’installation en strates que chacun de nos gestes perturbe. Tropique propose à celui qui fait l’expérience à la fois plastique, émotionnelle et scientifique de l’œuvre de rendre perceptible la structure dite « immatérielle » de l’espace et de saisir la manière dont travaille notre système perceptif et, ce faisant, notre manière d’appréhender le monde.

GRÉGORY CHATONSKY 

Le travail de Grégory Chatonsky, qui a étudié de manière croisée arts plastiques, philosophie et numérique, interroge notre relation affective aux technologies, met en scène les flux dont notre époque est tissée et tente de créer de nouvelles formes de fiction, tant par des installations interactives, des dispositifs en réseau et urbain, des photographies que des sculptures. Extrêmement productif, il aborde une multitude de médiums et ses œuvres sont présentées dans de nombreux lieux, expositions et manifestations sur le plan international dans le domaine des arts numériques et de l’art contemporain. Gregory Chatonsky retrouve l’Ososphère dont il fut l’un des premiers invités.

DAS DING II

Uniquement diffusée en ligne sur Internet, Das Ding II est une œuvre trace du Forum mondial de la Démocratie qui s’est déroulé à Strasbourg en octobre dernier et dans lequel l’Ososphère s’est immergé. Grégory Chatonsky en a reconstruit l’espace, devenu aussi fantomatique que dématérialisé et dans lequel les enregistrements sonores qui font écho aux circulations de la parole sont représentés par des masses rouges. Das Ding II prolonge ainsi l’œuvre antérieure du même nom.

NOTRE MÉMOIRE

Au centre de la pièce, un disque dur cassé, un logiciel produit des nappes sonores, un vidéoprojecteur affiche un chiffre leur correspondant. À intervalle régulier, ce chiffre sert de mot-clé pour aller chercher une image dans Flickr. Lorsque les supports numériques dérapent, qu’expérimentons-nous ?

LES VILLES AU LOIN

« La ville se dessine au loin, contour de tours, de flèches et de dômes, réseau de lumière, vapeur dans le ciel. La ville s’éloigne de nous, elle devient une autre ville, autre chose qu’une ville : nous cherchons encore sa mesure, et le savoir qu’il faut pour y passer et s’éloigner avec. »

À L’IMAGE DU TEXTE

Un texte est décomposé en mots. Chaque mot est traduit automatiquement sur Internet (Google) en image. Les images se suivent dans le même ordre que les mots du texte. On peut seulement lire le titre du texte et regarder les images défiler.

GROUPEDUNES 

Le Groupedunes a exposé au festival des Musiques et Système Friche Théâtre à la Friche la Belle de Mai à Marseille et au Contemporary Art Center à Vilnius, à Osnabrück (Allemagne), à la Galerie de l’Art du temps à Clermont- Ferrand et à la Lab-labanque à Béthune, entre autres.

DEMOCRATIC(S) HOPES

Forum mondial de la Démocratie : comment des artistes peuvent-ils appréhender un tel évènement ? Un objectif possible : une œuvre-trace. Pour nous, une expérience passionnante, une situation instable. Un sujet sensible et un certain nombre de questions.

JANE LEBLOND 

SET

Diplômée des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Jane Leblond s’intéresse aux notions d’espace, de paysage et d’architecture à travers la vidéo. Elle intègre ses films à des installations qui étendent ces questions à l’espace d’exposition. Épure de plateau de cinéma, Set se présente à la fois comme un espace de travail vide et un décor composé d’éléments familiers : une fenêtre, une porte, une cloison, un siège. Il n’y a pas d’histoire a priori mais uniquement un scénario lumineux constitué de mouvements et intensités. À la fois sculpture en mouvement et machine à vivre, Set intègre ainsi nos propres projections, persistances de vécus accumulés et offre à notre cinéma intime une surface à habiter.

JEAN-MICHEL ALBERT ET ASHLEY FURE 

TRIPWIRE

Ashley Fure compose des œuvres acoustiques et électroacoustiques. Lauréate du Prix Julius F. Ježek en 2010, elle reçoit en outre le prix Pauline Oliveros de l’IAWM, le prix Blodgett de composition, ainsi que le grand prix de composition du Conservatoire d’Oberlin. Passionné depuis son plus jeune âge par l’image de synthèse, Jean-Michel Albert est licencié en Arts Plastiques et Sciences de l’Art de l’Université Paris 1 et diplômé de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains. Se jouant des capacités de l’œil humain à reproduire fidèlement le réel, l’installation Tripwire invite le spectateur à manipuler les objets temporels. Mouvements des cordes, vidéoprojections et espace sonore y sont synchronisés pour faire émerger un écran vivant, interface entre ceux qui structurent notre quotidien et ceux, intimes et singuliers, que nous développons pour y déployer notre cinéma intérieur.

LAETITIA LEGROS 

MACHINE À DESSINER

Le travail de Laetitia Legros se construit au croisement du dessin et de l’image, photographique ou filmique, par des dispositifs mettant en jeu le processus de réalisation de l’image-dessin. Son travail a été exposé en France au Salon du Dessin Contemporain en 2009, au festival Temps d’Image, à la galerie Éric Dupont et à l’étranger dans le cadre de festivals. Dans un processus qui intègre les problématiques du dessin, de la photographie et du cinéma, la Machine à dessiner constitue un dispositif de dessin cinématographique. Généré par l’interaction entre la machine, le passage des visiteurs et l’architecture, une succession de dessins éphémères balaye l’espace et ses occupants, devenus habitants d’un territoire dont les contours échappent à la logique de représentation de ce qui est exposé au regard direct. Cette fabrique d’images nous donne matière à interroger notre rapport au territoire, à l’espace et au temps et aux manières de l’habiter.

LOCUS SONUS 

LOCUSTREAM PROMENADE

Locus Sonus est un laboratoire de recherche en art audio qui expérimente les aspects novateurs des formes artistiques sonores et développe un persistant travail de cartographie à micro ouverts incarnant la mise en réseau du monde en une poésie de son bruit. Locus Sonus est très fortement engagé dans la construction de formes artistiques mettant un accent sur la mise en espace sonore. Locustream promenade intègre un système évolutif de « microphones ouverts » placés dans le monde entier et qui envoient en permanence et en direct un flux sonore relayé sur Internet. Ces paysages sonores transmis à distance sont écoutés en temps réel lorsque l’auditeur / spectateur se place sous chaque parabole. Au cœur de notre déambulation, nous voilà sensoriellement à ces lieux éloignés et qui viennent s’articuler avec l’espace traversé. Des potentiels d’imaginaires s’ouvrent dans un aller-retour entre nos perceptions et projections sur ces espaces distants.

NICOLAS SCHNEIDER 

GOODRIVER

Nicolas Schneider a suivi ses études à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Metz. Il a exposé à la Galerie Riff Art Project, à Paris. L’alchimie entre l’eau, le pigment et le support dans ses œuvres est spectaculaire. Son art invite à la réflexion et bouleverse nos certitudes. Sculpture née du dessin, œuvre plastique qui semble née tant du geste de Nicolas Schneider que de l’environnement dans lequel elle se pose, Goodriver raconte également des histoires d’eau. Par la grâce du téléphone, elle sollicite en effet le spectateur et lui offre de l’augmenter à travers une chanson, un souvenir ou une anecdote, du récit – conté, chanté ou psalmodié – de son rapport avec la mer, une rivière, un verre d’eau.

OLIVIER GODAT 

NO LIMITS TO GROWTH, NO LIMITS TO GROOVE

Le temps est de la musique, et le domaine d’où elle émane, c’est l’avenir. Et l’avenir se danse ! Conjurer le sort, flirter avec les abîmes et les cieux, plaire aux dieux, et regarder la mort dans les yeux, Et d’un élégant pas de deux, danser avec eux. Ici une danse macabre, camouflée, une troupe de silhouettes humaines végétalisées, fait la belle sur les plateformes lumineuses de l’Ososphère. Ici les esprits se reposent, les corps s’allongent, les âmes respirent, le temps fait une pause, Là les cœurs battent la cadence, le rythme s’accélère, les vibrations reprennent. La Coop se réveille, La Coop se révèle, parfaite cavalière. L’avenir se pense.L’avenir se danse No LIMITS to GROOVE.

PAUL SHARITS 

SOUND STRIP / FILM STRIP

Connu pour ses films expérimentaux avant-gardistes, l’artiste américain Paul Sharits était également peintre, théoricien, performeur et professeur. Après avoir étudié les Beaux-Arts, avec une préférence pour la peinture, à l’université de Denver, Paul Sharits a suivi à l’université de l’Indiana une formation en design visuel, se refusant à étudier le cinéma afin de « ne pas être influencé par les idées des autres ». Il est ensuite devenu professeur au Maryland Art Institute, puis a enseigné à Yellow Spring avant de faire partie du centre d’étude des médias de l’université de Buffalo. Contributeur du groupe Fluxus, il a été exposé de manière posthume dans des musées nationaux tels que le MoMA à New York ou le Louvre. Sound Strip / Film Strip est constitué de quatre boucles d’un film Super 8 ressemblant à des plans fixes. Ces plans sont accompagnés d’une bande son qui donne à entendre un mot divisé en quatre syllabes prononcées par quatre bouches différentes. Cette installation explore le passage d’une pellicule dans un projecteur et d’un mot du temps à l’espace. Elle incarne la mécanique du cinéma sans doute mais aussi celles qui structurent notre manière de produire les films intérieurs qui nourrissent notre regard, qu’ils soient fictionnels ou documentaires.

ENCASTRABLE (Paul Souviron et Antoine Lejolivet) 

SUPER SURFACES

C’est sous la forme d’une bibliothèque des possibles que Paul Souviron et Antoine Lejolivet interrogent une fois de plus la sculpture, mais aussi l’édition et surtout la façon dont on les présente. Tous les médiums utilisés sont autant de prétextes pour créer des formes qui tour à tour deviendront matériaux, outils, support et sculpture. Super Surfaces présente au cœur de la zone d’activités que l’Ososphère créée à La Coop 12 catalogues de 80 projets dont les pages sont assemblées de manières différentes et renferment les croquis de sculptures potentielles, réalisés à partir de pages de catalogues de magasins de bricolage et de plans de présentoirs. Un ensemble qui souligne un subtil jeu de va et vient de liens formels, conceptuels, contextuels, une manière de mieux révéler l’aspect exponentiel de chaque projet.

PIERRE FILLIQUET 

CAMPAGNE PHOTOGRAPHIQUE

Diplômé de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Pierre Filliquet a réalisé de nombreux projets de commandes photographiques privées ou institutionnelles en France, Luxembourg et au Japon notamment. Son regard sur l’architecture l’a amené à participer à l’Ososphère en 2011 et en 2005 où il avait immortalisé les lieux de la manifestation durant leurs métamorphoses (La Laiterie et le Môle Seegmuller). Cette année, Pierre Filliquet et l’Ososphère poursuivent ensemble cette dynamique au coeur du site de La Coop. Ce travail offre un regard non événementiel sur les lieux que l’Ososphère habite en accompagnant la trajectoire de Strasbourg.

PIERRE-LAURENT CASSIÈRE 

Influencé par des domaines variés allant de l’archéologie des médias à l’architecture en passant par les sciences physiques, la systémique, la musicologie ou la physiologie, le travail de Pierre-Laurent Cassière se concentre en premier lieu sur des expériences perceptives liées au mouvement et à l’espace et jouant avec les limites du sensible. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses institutions et festivals au plan international. Pierre-Laurent Cassière arpente les espaces urbains et redessine de nouvelles géographies, notamment à Strasbourg, avec l’Ososphère, dans une aventure au long cours. Il propose ici deux œuvres qui, mises en situation dans l’espace de La Coop, deviennent également cinématographiques ; elles incarnent notre capacité à mêler les points de vue dans notre chambre noire intérieure pour croiser, à la faveur de nos parcours culturels et intimes, échelles macroscopiques et microscopiques, paysages urbains et objets usuels.

TACET

Ce diapason produit une impression de ralenti alors que les images sont projetées à leur vitesse de tournage. Deux signaux sinusoïdaux de très basse fréquence sont diffusés dans les assises, produisant un effet de battement perceptible par le corps du spectateur. La perception de ce dernier vacille, le diapason se fait Tour de Grande Hauteur et le micro-événement prend des dimensions cataclysmiques nourries par l’imagerie cinématographique et médiatique.

TRACKS 

Tracks est un plan séquence qui présente la vue depuis la fenêtre d’un train à grande vitesse, caméra cadrée sur les rails. Le défilement vertical du paysage évoque celui de la pellicule argentique et de ses griffures, autant que l’esthétique du film peint ou de l’animation numérique. Un travelling sur les liens historiques entre les chemins de fer et le cinéma, le temps d’un voyage, en silence.

ROBOTLAB (Matthias Gommel, Martina Haitz, Jan Zappe)

Le collectif d’artistes Robotlab a été fondé en 2000 par Matthias Gommel, Martina Haitz et Jan Zappe. Le travail de l’équipe se base sur l’usage expérimental de robots industriels standards. Des machines qui pratiquent d’habitude des tâches en série dans des usines deviennent des protagonistes autonomes dans des installations et performances artistiques. Apparaissant en tant que danseurs, peintres ou DJs, les robots envahissent les champs artistiques qui sont traditionnellement réservés à l’expressivité et la créativité humaines. Robotlab est associé au ZKM – Centre d’Art et Média de Karlsruhe. Leur travail a été présenté dans de nombreux festivals et expositions. Ici placés au cœur du décor constitué par La Coop, les deux robots semblent s’en être extraits pour inventer de nouvelles fonctions et consacrer leur puissance naturelle à la production de sens.

AUTOPORTRAIT

Un robot offre un service inhabituel. Le stylo à la main, il dessine le portrait d’un humain. Un chevalet est placé face au robot et une chaise attend son modèle. Une fois un visiteur installe, l’artiste-machine commence à travailler. Le robot crée son propre style et l’image qui en résulte est individuelle et imprévisible. Une fois le dessin terminé, le robot efface le tableau blanc de sa propre main. Sans pitié, la machine ne laisse aucune trace de la personne qui s’est assise face à elle, qui doit assister à l’effacement de l’image. Dans autoportrait, la machine et le visiteur sont placés dans la relation portraitiste et modèle, d’artiste et de sujet. Bien que l’acte de création provienne de la machine, la fonction d’image-reproduction est en elle-même une image de créativité humaine.

MANIFESTE

Dans un processus autonome, un robot industriel écrit des manifestes et les donne directement au public. Chaque manifeste consiste en déclarations philosophiques qui sont générées de manière autonome par le robot. La machine choisit différents termes dans sa réserve et les associe dans des structures de phrases. La combinaison du système et du hasard entraîne des manifestes uniques, signés individuellement par un numéro de série. Même le mouvement de l’écriture manuscrite est généré de manière algorithmique. Contrairement aux humains, les robots n’ont pas de volonté intrinsèque de chercher ou de créer du sens. Dans Manifeste, le sens est conçu par la perception du lecteur, qui recherchera instinctivement du sens à ces thèses non conventionnelles. Au lieu de reproduire des quantités de manifestes uniformes pour diffuser une déclaration de propagande particulière, la machine produit en masse des manuscrits uniques avec des messages individuels.

RYOTA KUWAKUBO 

THE TENTH SENTIMENT

Ryota Kuwakubo est un artiste média. Il expose à l’international depuis 1998. En 1996, il est diplômé de l’Université de Tsukuba (Ibaraki) en Arts Plastiques et techniques mixtes. En 2001, il termine l’International Academy of Media and Sciences de Gifu. En 2003, il remporte le Grand Prix d’Art au Japan Media Arts Festival (pour Digital Gadget #6, 8, 9) et en 2010 le Prix d’Excellence en Art (pour The Tenth Sentiment). Un point de lumière est monté sur un petit train dans une salle obscure. Elle projette des ombres sur différents objets autour des rails, les rendant plus grands qu’ils ne le sont en réalité. Ces objets familiers permettent de nous projeter dans l’œuvre selon une expérience personnelle. Selon ce que l’on regarde, on obtient une expérience à la première ou à la troisième personne.

SELMA LEPART 

MERCURE NOIR

Diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, Selma Lepart pratique la vidéo, le dessin, la céramique, le moulage, les médias numériques… Elle place sa démarche aux frontières de l’art, de la technologie et de la science en s’intéressant aux changements d’états physiques et psychologiques. Protégée sous un dôme de verre, une forme à la géométrie parfaite émerge d’un liquide noir et épais. Cette entité sombre est capable de se mouvoir, vibrante, elle semble s’échapper ou s’approcher de ses visiteurs. Dans une esthétique teintée à la fois de technologie et d’ésotérisme, Mercure Noir se joue de nos croyances personnelles ; au cœur du vis-à-vis avec le terminal portuaire que propose le lieu où elle est installée, elle amène une évocation des matières qui y transitent.

THIERRY WEYD 

PICTURES FORM A LIQUID MEMORY BOAT :Musique pour chambre, vestiaire et sous-sol.

Thierry Weyd est bricoleur, éditeur et enseignant ; il écrit pour plusieurs revues indépendantes sur la création audiovisuelle et est néanmoins Ambassadeur en France des royaumes d’Elgaland~Vargaland. Le projet artistique multifacette de Thierry Weyd se traduit par l’écriture d’un roman hybride, de nouvelles en trois phrases, la réalisation de pièces radiophoniques, d’images, de films, la création de petits spectacles audiovisuels et parfois de discrètes installations.

Nous avons proposé à Thierry Weyd de nous accompagner dans l’exploration de Strasbourg en l’immergeant systématiquement dans les lieux que nous investissons pour en révéler in situ de bien improbables facettes. « Un drôle de récit dans lequel histoire familiale, histoire de spectres et histoire des monuments strasbourgeois s’entrecroisent. » Mais voilà, Thierry Weyd n’agit pas où on l’attend, même si sa réponse a le charme de l’évidence. On l’interroge sur La Coop et voilà qu’il l’habite avec des traces glanées au Môle Seegmuller, incarnant la trajectoire de l’Ososphère qui emmène dans les lieux qu’elle découvre, les traces de ceux qu’elle a déjà habités. « À La Coop j’ai posé un regard sur un détail du bâtiment qui m’a évoqué mon exploration, il y a deux ans, du Môle Seegmuller et ma recherche inouïe de la Fanfare Ectoplasmique » . Dont acte.

ADELIN SCHWEITZER 

SIMSTIM

Après avoir obtenu son DNSEP en 2004 à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, il rencontre l’association Lézarap’art basé dans les quartiers Nord de Marseille où il obtient un espace qui lui permet de poursuivre ses recherches. En 2005 il présente sa première installation, le VidéoPuncher 1.3 à la biennale d’art Contemporain ARCO à Madrid et participe avec le même projet en 2006 à la manifestation « La villette numérique » à Paris. Le SimStim est une proposition de restitution du processus conduit tout au long du projet A- Reality. Les témoignages sont classifiables en trois groupes : sensoriel, documentaire, et machine. Le dispositif sensoriel se présente comme une installation autonome dans laquelle les visiteurs peuvent expérimenter un principe de simulation immersive. Cette simulation consiste en une diffusion des fragments audiovisuels subjectifs récoltés durant les ateliers menés précédemment.

VISITES :

– FAMILLES À LA COOP :

L’Ososphère donne l’occasion grâce aux « visites familles » de découvrir, dans une immersion in situ et partagée par les parents et enfants, le parcours d’installations visuelles et sonores de La Coop. Privilégiant le rapport émotionnel direct, notamment à travers l’interactivité et l’expérimentation, celles-ci offrent une compréhension intuitive de leurs scénarios, d’autant plus stimulante pour interroger le regard et développer la réflexion des jeunes spectateurs sur leur environnement. Un catalogue spécifique est créé à cet usage.
L’accueil des familles se fera de 15h à 18h les samedis 8 et 15 et les dimanches 9 et 16 décembre 2012.
Inscription sur le site de l’Ososphère.

– ACCUEIL DES GROUPES :

Pour les groupes de plus de 10 personnes qui désirent bénéficier d’une visite accompagnée, merci d’envoyer un mail à emilie(at)artefact.org (chargée de la médiation).

 

 

 

 

 

 

 

 

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