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Flashback : L’ITW de Mathias Silhan – COZE #8 – Mai 2012

Peut-être avez-vous furtivement croisé sa silhouette. Mathias Silhan arpente les rues de Strasbourg et pratique son sport aux 4 coins du monde, la tête et les jambes bien vissés sur ses rollers. Rider professionnel, il défend un art, une passion, un métier. Du domaine sportif à l’associatif en passant par le business, cet ex-champion du monde est à l’image de son sport, tout terrain. Entre deux figures, Coze vous livre son interview, toute fraîche.

Pouvez-vous nous Présenter votre Parcours et vos débuts en quelques mots ?
J’ai commencé le Roller dans les années 90, dans la rue avec mes potes du collège, avec lesquels j’ai continué à rouler, pour la plupart. Au fil des années on a commencé à bouger sur les contests et les sessions dans d’autres villes, où j’ai pu développer mon skating au contact de nouveaux spots et de nouveaux riders ! J’ai eu la chance d’être repéré assez rapidement par des sponsors, qui m’ont beaucoup aidé depuis à bouger sur divers contests aux quatre coins du monde. En 2005, je suis arrivé 1er aux Championnats du Monde Amateur à Manchester et j’ai pu ainsi intégrer le circuit professionnel.
Aujourd’hui je peux prétendre vivre de ma passion, et je compte bien en profiter encore le plus d’années
possible en tant que Rider, tout en m’investissant dans d’autres aspects du Roller afin de trouver une reconversion qui me permettrait de rester attaché à mon milieu !

Pourquoi et comment avez-vous commencé le roller freestyle ?
Comme je l’ai dit j’ai commencé ce sport car j’ai toujours aimé cette sensation de glisse, le fait de pouvoir me déplacer d’une manière différente et d’aborder la rue comme un terrain de jeu. Ça m’a toujours plu, et le fait de rencontrer d’autres personnes – qui sont devenues mes amis – qui pratiquent le même sport et dont les visions se rapprochent, on s’est créé notre monde à nous, avec nos codes et nos propres valeurs. C’est tant le côté
esthétique que le côté marginal qui me plaît dans le Roller Freestyle et qui me pousse à continuer !

Strasbourg est-elle une ville propice au roller, tant en “street” que dans les infrastructures officielles (skatePark) ?
Strasbourg est une ville qui est pas trop mal pour le «Street», comme c’est une ville assez grande on peut y trouver différents type de spots, même si en tant que Rider local ayant arpenté toutes les rues ou presque on finit toujours pas se plaindre du manque de spots. Côté infrastructures je ne veux pas trop me prononcer sachant que bien que l’on ait un skate- park à Cronenbourg, il reste néanmoins impraticable 6 mois de l’année à cause de notre charmante météo. Les sports de Glisse en général ne sont pas spécialement les bienvenus ici, nous sommes en partie une vitrine sportive de la ville, mais derrière les moyens que l’on nous donne sont dérisoires à côté du potentiel des jeunes – ou plus vieux – Riders qui roulent ici.

Les infrastructures dédiées à la Pratique des sports urbains sont-elles assez nombreuses dans notre belle région ?
Malheureusement elles ne sont toujours pas assez nombreuses, surtout en terme d’infrastructures in- door, c’est-à-dire en salle. Comme l’hiver alsacien est assez rude ça nous oblige – pour la plupart – à arrêter de rouler une bonne partie de l’année. Heureusement il y a un peu plus de un an, un skate-park couvert a ouvert à Haguenau et ça nous permet enfin après quinze longues années d’attente de pratiquer les jours pluvieux ou encore tout au long de l’hiver. Le rêve pour tous serait de voir apparaitre ce type de structure à Strasbourg !


Vous faites Partie des quelques riders en france à avoir le statut Professionnel et à vivre de votre sport, que vous évoque ce constat sur la Professionnalisation des riders ?
Je trouve ça cool de pouvoir vivre de sa passion, faire du Roller et pouvoir payer son loyer grâce à ça c’est plutôt la belle vie. Pas d’horaires de bureau, pas de patron, pas de compte à rendre, ou presque, c’est ce vers quoi je tends ! D’un autre côté, j’essaye quand même de m’intéresser à d’autres choses que ce soit la photo, la peinture, la musique – d’autres formes
d’expression – je pense que c’est important de rester ouvert d’esprit et de s’initier ou pratiquer d’autres activités.

A quel moment avez-vous réalisé que vous Pouviez vivre du roller ?
Quand j’ai commencé à recevoir un salaire de la part de mes sponsors. Et surtout plus j’avançais dans la vie, plus j’étais convaincu que ce style de vie était fait pour moi.

Le sponsoring a une Place centrale dans les sports urbains. Pourquoi ? et quels sont vos sponsors ?
Oui, le sponsoring est un moyen pour les marques de se promouvoir par le biais des «bons» Riders, il y a clairement un aspect commercial derrière. Mais je préfère dire que ça donne surtout des moyens aux Riders de voyager, de skater de nouveaux spots et de rencontrer des gens. Dans mon cas je le vois comme ça, sachant que mes sponsors – qui sont Razors
skates, Ground Control, BHC et Nomades shop – ne m’ont jamais vraiment demandé autre chose en retour que de skater quand bon me semble et me rendre sur des contests aux quatre coins du monde.

Pourquoi ces sports sont-ils sous médiatisés, vous le Premier, hormis chez les médias spécialisés, alors même que vous avez déjà un titre de champion du monde ?
Ces sports sont avant tout des sports marginaux, je ne connais pas beaucoup de sport où l’on donne autant d’importance à une performance en contest qu’à une performance à une soirée arrosée la veille. Je pense que malgré le fait que de plus en plus de médias commencent à s’intéresser à notre sport, ceux-ci restent encore mal compris par la masse des gens. Le mot «sport» ici est un peu réducteur, je parle plus de notre «life style». Un autre facteur intervient, c’est la manière de juger nos sports lors des compétitions. Que ce soit les médias ou les gens en général, ils ont du mal à comprendre ce qui peut différencier deux Riders. En dehors de l’aspect technique, beaucoup d’autres choses rentrent en compte que ce soit la créativité ou le style mais il faut déjà être un peu initié pour pouvoir s’en rendre compte. Malgré tout je pense que la plupart des gens apprécient nous voir rouler car il y a un côté spectaculaire que l’on ne trouve pas dans la majorité des autres sports.

Comment fonctionne le championnat de france et du monde dans le roller freestyle ?
Le championnat de France est organisé en séries de contests qui se déroule tout au long de l’année avec une finale au bout, mais je n’y participe pas en général car je ne suis pas trop d’accord avec son fonctionnement et sur leur manière de juger les Riders lors des contests. Le championnat du monde fonctionne à peu près de la même manière, une série de contests tout au long de l’année dans les quatres coins du monde où l’on gagne des points en fonction de son classement, et une finale au bout pour les 20 Riders ayant réussi a comptabiliser le plus de points. En 2011, la finale a été un peu différente, elle s’est déroulée par le biais de vidéo d’une minute pour chacun, qui a départagé les Riders.

quel est la Place de la fédération francaise de roller skating dans le roller ?

Pas très importante aujourd’hui mais j’espère que ça
va évoluer avec le temps et que ce sera de plus en plus géré par les Riders eux-mêmes.

Vous mettez souvent en avant votre ville d’origine, est ce important à vos yeux de représenter Strasbourg ?
Oui je mets en avant ma ville bien sûr, comme chaque Rider ou sportif de manière général. Ça me semble important de représenter Strasbourg parce que c’est la ville d’où je viens et où j’ai évolué.

Vous êtes aussi un membre fondateur et actif de l’association nouvelle ligne qui organise le NL Contest. Pourquoi avez vous créé nouvelle ligne ?
On a créé Nouvelle Ligne car le Roller n’étant pas reconnu par les institutions en général, il nous a fallu créer une structure reconnue qui nous permette d’organiser des événements autour du Roller ou des autres sports de glisse afin d’assurer une promotion de nos pratiques auprès d’un public plus large et dans une ambiance qui nous est propre.

Quels sont les objectifs de nouvelle ligne et du nl contest ?
Comme je l’ai dit c’est avant tout de faire partager notre culture et de faire découvrir notre sport à un public plus large. Ce type de démarche peut être initié uniquement par les pratiquants eux-mêmes, pour être relayé de la bonne manière. Je vous invite donc à passer nous rendre visite au skate-park de la Rotonde le 26 et 27 Mai pour la 7e édition du NL Contest afin de voir par vous même !

Comment expliquez-vous la réussite et l’engouement autour du nl contest ?
Je pense que c’est avant tout la mutualisation des différentes pratiques «urbaines» qui a fait le succès de cet événement. Le fait de faire participer d’autres associations de passionnés a vraiment permis à la plupart des participants de s’approprier l’événement. Notre but étant de mettre en avant les pratiques urbaines, on constate rapidement que la plupart de ces pratiquants sautent – comme nous les Riders – sur une occasion de mettre en avant leur passion dans une ambiance conviviale et hétéroclite. Chaque NL Contest est une nouvelle découverte que ce soit pour nous les instigateurs de l’événement ou pour le public toujours plus nombreux et présent chaque année.


Quelle est la Place du nl contest dans le monde du roller ?
Le NL Contest est l’un des contests les plus importants dans le paysage du Roller contemporain, on est devenu au fil des années l’une des étapes la plus importante WRS (World Rolling Series) en Europe et on est fier d’accueillir chaque année la crème des Riders mondiaux qui viennent faire un grand spectacle pour le public strasbourgeois !

Quels sont les Prochains Projets de nouvelle ligne ?
Les projets avec Nouvelle Ligne sont multiples, bien sûr on veut continuer à organiser des événements autour des sports de glisse et du Roller Freestyle en particulier, et je pense qu’avec les années on se professionnalise de plus en plus et pourquoi pas se reconvertir là-dedans. Ce que j’aime dans l’événementiel, c’est que chaque événement est unique et de ce fait ce travail n’a rien de répétitif. Le projet qui me tient à cœur en ce moment c’est d’organiser une tournée des plages, c’est-à-dire une série de démonstration le long des côtes françaises pendant la période estivale !

Lors du lancement de l’association, quelle était la vision des institutions vis-a-vis des riders ? cette vision a-t-elle évolué ?
C’est vrai que ça n’a pas toujours été facile. Quand on a fondé l’association Nouvelle Ligne, il y a presque 10 ans, on est arrivé face à des responsables de la ville qui n’ont pas tout de suite cru en nos projets. Certes, ils nous ont apporté leur soutien étant donné que c’était leur boulot de le faire et que nous étions une structure associative, mais personne – ni même nous les membres fondateurs – ne se doutait que ça allait prendre une telle ampleur. Aujourd’hui avec les résultats des années passées, leur vision a clairement évolué et on est pris un peu plus au sérieux car ils ont pu constater que nos événements ne font pas que rassembler des passionnés des sports de glisse, mais aussi des personnes de tous milieux confondus et de tous âges. Et comme je l’ai dit c’est le type d’événement qui peut être difficilement organisé par un service public, car il s’agit ici de relayer non seulement des sports dit «marginaux» mais également toute une culture qui s’y rattache.

En tant que rider roller, comment voyez vous les autres disciplines de glisse urbaines (skate/bmx) ?
Je les apprécie, certaines sont plus spectaculaires et d’autres plus techniques – chaque sport de glisse est différent – on utilise les mêmes structures mais différemment ! L’important est que chaque Rider se fasse plaisir en roulant !
comment considérez-vous le roller, comme un sPort, un art, une Passion, un métier ? On peut presque dire les quatre ! Mais pour moi je dirais plus comme un art et une passion. Un art, car chaque Rider roule différemment et je pense que c’est une manière pour chacun de s’exprimer, on roule différemment en fonction de ses humeurs ou envie du jour et personnellement je donne beaucoup d’importance à l’aspect esthétique de mes tricks. Une passion parce qu’on pense Roller, on vit Roller au quotidien !

A coté de l’aspect associatif, vous gérez aussi un bussiness de distribution de nombreuses marques en europe. Peut- on en savoir Plus? Préparez-vous votre reconversion ?
Je suis aussi distributeur de certaines marques de Roller et accessoires en France et certains autres pays européens. On a créé une boite et je trouve ça intéressant car c’est un autre aspect du Roller. On gère non seulement le côté commercial de la distribution mais aussi l’image de nos marques donc il y a un travail de communication et de marketing derrière que j’apprécie. J’espère pouvoir continuer cette activité aussi longtemps que possible car j’apprends chaque jour quelque chose de nouveau qui pourra certainement me servir plus tard.

Votre propre “Pro modèle” de roue de roller est déjà sorti, le Pro modèle de roller va suivre Prochainement. Pouvez -vous nous en dire Plus, et est-ce une forme d’aboutissement d’avoir un modèle à son nom?
Oui je vois ça comme une forme d’aboutissement et de reconnaissance que d’avoir mon nom sur des produits de Roller. Je serais fier de porter les
Rollers Mathias Silhan ! Et j’espère que les Riders apprécieront les choix qu’on a fait dans le design de ces produits…

Avez-vous réellement participé à la conception des Produits?
Oui j’ai eu la chance d’avoir mon mot à dire sur l’aspect des produits à mon nom, je trouve ça un peu logique car ça doit correspondre un minimum à la personnalité du Rider ! J’ai travaillé avec plusieurs personnes pour la conception de mes roller, d’abord avec les designers de la marque Razors pour la conception de la boots, le choix des couleurs et avec le designer Simon Jacquin pour la réalisation du logo et de la typo sur la boots, et je suis satisfait du résultat !

Combien et où pensez-vous le vendre ?
Ces roller seront vendus partout dans le monde, on va mettre en place une bonne communication afin de bien promouvoir le produit. Comme ses Rollers sont des patins haut de gamme ils seront vendus
majoritairement dans les magasins spécialisés.

Enfin question pour les aficionados, quels sont les spots historiques de la ville ? votre spot actuel Préféré à strasbourg ?
A Strasbourg les spots historiques sont le musée d’Art Moderne, la place des Halles et le parvis de la fac de droit – pour les anciens – et bien sur le skate- parkdeKro!
Il y a pas mal de spots un peu partout mais il faut parfois avoir un peu d’imagination pour les voir. Je n’ai pas réellement un spot favori car ils sont tous différents et font appel à d’autres capacités à chaque fois : je dirais que c’est mon humeur du jour qui me fait préférer certains spots à d’autres.

Que vous a apporté le roller dans votre vie ?
A peu près tout ou presque ! Le fait de progresser dans un sport m’a donné une certaine confiance en moi, je suis passé par pleins de moments heureux ou au contraire très durs lors de grosses chutes. Ça m’a appris à connaître mes limites, même si le but reste toujours de les repousser et de se prouver qu’il y a toujours la possibilité d’évoluer et d’aller plus loin. Je pense aussi et surtout que c’est le fait de voyager et de rencontrer du monde qui m’ont appris beaucoup, déjà sur le monde qui nous entoure mais également sur moi même, sur ce que je suis capable de faire ou pas.La culture à strasbourg en quelques mots ?
Strasbourg est une ville culturelle, il y a plein de choses à faire et à voir, une population jeune qui dynamise la ville et qui l’a fait évoluer et des traditions bien ancrées que l’on apprécie aussi. En tant qu’habitant de la ville je suis assez satisfait de ce qu’on peut y faire même si je serais toujours partant pour de la nouveauté et peut-être plus d’actions émanant de la communauté urbaine de Strasbourg. Mais le monde associatif ici se porte très bien et propose à la population pleins d’activités de tous types.Le mot de la fin?
Je vais remercier mes parents, ma famille, ma copine, mes amis, mes sponsors pour leur soutien. Merci aussi à Coze pour cette interview ! Et pour finir je vous donne tous RDV au skate-park de la Rotonde le 26 et 27 mai pour le NL Contest 7, il y aura du grand spectacle, de la musique, de la bière, des merguez et surtout du soleil ! Peace!
ITW : Mourad Mabrouki

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