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Flashback : L’ITW de Joseph et Fred – Caterva – COZE #5 – Février 2012

Parlez-nous un peu de vous… « Caterva », c’est qui au juste ? Historique, groupe, label, papiers d’identité…

Joseph : Caterva a commencé en 2003, nous faisions un live électro / break beat avec une “altiste” Anita Bomba. En 2005, nous avons fait la rencontre de MC Baal, un chanteur uruguayen installé à Paris et le feeling est super bien passé direct ! Toujours en 2005, nous montions le label Sens Inverse, avec Helixir et Ph6, puis très vite, nous sortions un premier opus avec les Trolls. 2006 fût l’année de la grande découverte pour le label, le DUBSTEP, “wouuhaa mais qu’est-ce donc que ce beat !!”. Là, on a halluciné, c’était  juste énorme ! Du coup, le label a commencé à produire du dubstep, avec l’arrivée d’artistes comme Mac Koall, Helixir, Beature, Caterva. Le tout d’ailleurs dispo sur le site Cd1d (Structure/Sens inverse). En 2009, Caterva s’est séparé d’Anita Bomba, et nous faisions la rencontre de Mister E et de VJ Kashmir. Maintenant, Caterva est formé par No Prod et Ficus aux instrus, Mister E et MC Baal aux voix et VJ Kashmir à la réalisation scénique visuelle. CATERVA est un live résolument “B.A.S.S  M.U.S.I.C” !

Un mot pour ceux qui pensent que le dubstep c ‘est un jeu de la Wii?

J : Why not!! Ca pourrait être marrant.

Fred : C’est plus compliqué qu’une consôle, mais il y en a qui utilisent les manettes de Wii pour faire des bass…

Comment avez-vous découvert le mouvement? Comme un môme flaire la bonne confiture?

J : Nous avons découvert le mouvement du dubstep via un ami, “PH6”, qui nous a dit: “écoutez ce son !”. C’était un son de Mala de Digital Mystikz, en 2006.

F : On a aussi découvert ce son grâce aux radios anglaises comme Sub FM où l’on écoutait les émissions de BUN ZERO “religieusement”.

Quelles sont vos influences? Etes-vous issus d’une autre scène?

J : Alors, ça peut passer par beaucoup de styles, il peut y avoir du dubstep ultra deep comme 2562, Martin ou Eskmo en passant par le Kuduro, le Baile Funk “Tropical Bass Music”, avec une pointe de Hiphop.

F : On peut dire que nous sommes issus de la scène rave/free party, au début des années 2000 nous y étions très actifs, avec sound system et camion, puis les “folles années” sont passées, on a rangé les machines et acheté des ordis…mais cette scène fut un très bon apprentissage pour nous.

Les anglais se proclament un peu King of dubstep, même s’il existe d’autres scènes européennes (en France et aux Pays-Bas par exemple). La reconnaissance passe-t-elle forcément par un tour dans l’Eurostar?

J : Ils peuvent ! C’est eux qui ont inventé ce beat de reggae avec des gros son de drum & bass. Sinon, oui, il existe d’autre scènes, le dubstep est en train d’exploser. En Amérique, il y a Eskmo et Dj Chef, au Japon, il y a Goth Trad, et en Europe, il y a Borgore, Martin, 2562 et Noisia…

F : Pas obligé de prendre l’Eurostar, mais obligé que tes morceaux soient dans les “sacs” à disque des DJs anglais qui jouent partout dans le monde!

La scène française est décrite comme très riche, ja wassech?

J : Nous avons de nombreux artistes talentueux comme Sa Bat Machines, Habstrakt, Dj Absurd, Niveau Zero, Rotek, Helixir, Beature, Nekochan, Major Klemt, Flatmate, Al Tourettes, High Tone, Greg G, Synaptic, M3t4, Led Piperz, Uzul Prod, Caterva, Paral.lel, Mac Koall, The Unik…(sorry pour ceux que je n’ai pas cités, je vous aime !).

F : On dit de la scène française qu’elle est très riche, car il y a pleins de producteurs, et que notre son n’est pas aussi formaté qu’en Angleterre ou aux USA. Nos prods sont nettement moins orientées club, elles sont plus libres et plus “mentales” je dirais.

Le dubstep est-il rattrapé par le marché mainstream, ou est-ce déjà le cas?

F : Le mainstream? Oui, c’est fait, Rusko a produit des tracks pour Britney Spears, et Skrillex a été nominé aux Music Awards. Comme la jungle, le dubstep a ses démons… je respecte le boulot  de gars comme Skrillex, mais comme dit le groupe KORN : « Le dubstep est le nouveau métal » et, nous, le métal on kiffe moyen moins.

Parlez-nous de l’actu du label et du groupe? Avec un EP en free download paraît-il…

J : Caterva est signé sur un Label de Marseille “I.O.T Records”, nous avons sorti deux vinyles dans le cadre du projet “Cardinal Point Release” dispo sur le site cd1d.com (http://cd1d.com/fr/artist/caterva). Effectivement, nous avons aussi sorti un Free EP, dispo ici http://caterva.bandcamp.com/album/caterva-free-ep-01.

A l’heure du tout numérique, est-ce que vous privilégiez un format particulier pour sortir vos projets?

F : Pour la consommation facile, format numérique. Pour la collection et l’objet, le vinyle.

Les acteurs du hip-hop penchent de plus en plus sérieusement dubstep. Hip h’open?

J : Oui, maintenant les DJs hip-hop kiffent de plus en plus le dubstep, un beat assez lent qui passe super bien avec le crunk.

F : Yep, les DJs hip-hop mixaient le dubstep en 45T et pitch ralenti, ce qui créait un son hip-hop survitaminé. On appelle ça désormais le drumstep.

A ce propos, 2 Mc’s, Mc Baal et Mr E, vous ont rejoint ; le prolongement naturel du groupe?

F : Oui, l’extension a été naturelle. Nous désirions proposer un show et une musique plus complète qu’avec deux DJs et un VJ. De plus, les deux chanteurs ramènent de l’humain à notre formation. Et puis ils sont très doués et leurs deux univers sont bien distincts et nous complètent à merveille.

Quelle vision du dubstep défendez-vous ? Vers quel genre de son aimeriez-vous vous orienter ?

F : Défendre est un bien grand mot, mais nous essayons de développer un dubstep qui reste ancré dans la dub music, avec groove progressif et non agressif. Nous faisons partie de la génération qui a découvert le dubstep dans des soirées roots, avec une ambiance plus proche du concert de reggae que de la rave. D’où notre goût prononcé pour un dubstep voluptueux et pas en « dents de scie ».

Au fait, ça frôle la hanche déboîtée sur vos dancefloors. Caterva, la French Touch Do Brazil?

F : Ahah, ben c’est clair qu’on voulait ramener la danse dans nos soirées et dans notre musique. On a découvert le Kuduro et Baile Funk grâce à nos amis des « Sons of Madrugada » de Paris, et on a trouvé que ça collait parfaitement avec notre son dub. Les tropiques c’est chaud, ça danse, ça balance et il y a des énormes bass!

Vos lives sont aussi de plus en plus recherchés visuellement ; pouvez-vous nous en dire plus? Et nous parler de votre manière d’aborder le live en général?

J : Pour nos visuels live, c’est KASHMIR qui s’en occupe. L’idée est de créer en plus de la diffusion audio, un système de diffusion d’image (VJing) qui s’incruste sur une structure et qui déforme l’espace visuel scénique. Grâce au « mapping », Kashmir recrée un champ visuel propre au live Caterva. Pour ce qui est du live, nous nous partageons les tâches, mais nous laissons toujours une part d’improvisation dans les structures. Nous essayons aussi que la musique interagisse en live avec la vidéo et vice versa.

La question chauvine du public : à Strasbourg le public dubstep, c’est hot?

F : Yes! Super hot! Il a mis du temps à s’y mettre, on prêche la bonne parole depuis 2006, mais là, on peut dire que ça y est les strasbourgeois ont bien capté le son!

Vous tournez beaucoup mais avez déserté le cocon régional. Une chance de vous voir en live au bercail bientôt?

J : Pour le live au bercail, on attend d’avoir un nouveau show en place, avec la vidéo, les Mc’s, la mise en scène et les nouveaux tracks pour refaire vrombir le Molodoï !! On y travaille ardemment, on devrait donc être de retour pour septembre 2012. Sinon, on fait des Dj set, dans lesquels, on teste notre track et on se détend en passant de la fresh dance music !

Votre avis sur le développement du courant, musicalement et économiquement, ces dernières années ?

F : Entre la crise du disque et la crise tout court, la musique a du mal à générer de l’argent, et a dûe complètement revoir sa copie. Mais la tournure qu’elle prend est intéressante. En fait, l’artiste se retrouve à quasi tout faire, du marketing au sampling à la vente, site web, etc… Mais il est désormais possible de faire écouter et de vendre sa musique aux 4 coins du monde sans bouger de son fauteuil de Wolfisheim !! La circulation actuelle de musique gratuite (et non piratée) est énorme et c’est lors des concerts que le musicien fait de l’argent. Tout s’est inversé… Après que ce soit bien ou mal, je ne sais pas vraiment sur quel pied danser…

Vous êtes en “résidence à la Friche”, une chance. Voyez-vous Strasbourg comme une ville propice à la création artistique (notamment en aménagements scéniques)?

F : Propice je ne sais pas, inspirante oui… Il y a de très bonnes scènes à Strasbourg, que ce soit rock, techno, dub, rap, mais il me semble qu’elles ne soient pas assez « supportées » par la ville. Des structures, comme le Molodoï et la Laiterie, font un super boulot, mais elles ne peuvent pas gérer à elles seules tout le monde musical et scénique de Strasbourg. Les musiciens ont effectivement besoin de plus de locaux, de bureaux, d’espaces pour faire avancer leur structure et se professionnaliser. Nous avons la chance d’être en « résidence » à la Plateforme Laiterie et cela nous aide énormément à mieux structurer notre groupe et notre travail.

La culture strasbourgeoise en quelque mots?

J : Saucisses, goodvibes, bons vins, oreilles ouvertes, curieux, vélos, open !

Le mot de la fin?

Merci à tous ceux qui nous supportent depuis le début !

Du frais et du nouveau va arriver toute cette année 2012 !!

Keep connected

 

ITW : Mourad Mabrouki – Julien Lafarge
Photos : Thomas Danesi

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