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Flashback : L'ITW de Majid – COZE #1 – Octobre 2011

NOM : YAHYAOUI
Prénoms : Majid
Age : 30

Profession : Artiste chorégraphique Chorégraphe Danseur Comédien
Curriculum vitae :

1992 : Création de Cartel des rimes et Potion du Son (devenu Les Son de la rue en 96)
1995 : Création de Moov’in Style Attack (par la suite devenu la compagnie Mistral’Est)
1996 : AccroRap (premier expérience professionnel) compagnie internationale de danseur.
1996 : Membre fondateur  des Sons de la rue
1997 : Membre actif Magic Electro
1998 : Rising sun (membre fondateur/ Speaker summer session)
2003 : Creation officiel de la Cie. Mistral’Est (membre fondateur, directeur artistique homologue Mohamed El Amroussi.
2004 : Danseur officiel du 113
2005 : EPSE DANSE
2008 : Compagnie Mémoires vives
2009 : Compagnie Hors Série
2010 : Centre Chorégraphique National de La Rochelle

 

-Depuis combien de temps pratiques-tu la danse Hiphop et comment es-tu arrivé à danser ?

J’ai commencé naturellement après avoir vu le film Break Street 84 et après avoir vu danser Mickael Jackson.
Mais le vrai déclic c’est d’avoir vu mes grands frères danser dans leur chambre, et lors de la fête du quartier de la krutenau de 1989.
Puis en 1991, je débarque à l’Elsau et je commence à  y côtoyer les danseurs du quartier. De là, tout se lance pour moi. Je participe à mon premier battle de break au fossé des 13 en 92. Battle que je remporte, suite à ce battle j’ai d’ailleurs eu mon premier article dans la presse (DNA). J’en été super fier.

-Tu as pratiqué pendant longtemps des Art Martiaux et du cirque, est-ce que ces disciplines t’ont aidé dans la danse ?

Énormément,  cela a développé mon style et ma manière de danser.
J’ai beaucoup (3 ans) pratiqué le Kung Fu et le cirque.
Le cirque m’a apporté les équilibres et les acrobaties, le Kung Fu m’a lui inculqué la discipline, développement des sens, les positions de bases, comme la position du cavalier, position qu’on retrouve  beaucoup en danse classique et hiphop. Et bien sûr, c’est deux disciplines m’ont fait bossé ma souplesse mais j’ai dû arrêter car la danse (entrainement et le voyage) a pris le dessus.
Encore aujourd’hui je m’inspire du Kung Fu dans ma danse, c’est vraiment un plus dans mon vocabulaire corporel.

-Où as tu commencé à danser ?

Dans la rue avec les potes et dans ma chambre mais le vrai déclique été à l’Elsau avec la mise à disposition de salles et le début des entrainements.

 -Quel a été l’importance de l’Elsau dans le danse hiphop à Strasbourg et en France ?

Au début l’Elsau avait une telle réputation que les autres danseurs Français pensaient que l’Elsau été le nom d’un Crew.
En fait, la raison principale pour laquelle l’Elsau était connu  c’est que il y avait une forte concentration de danseurs dans le quartier, tout le monde, de 8 à 25 ans, dansait. Un point de rencontre pour les danseurs de toute l’Alsace, jusqu’à l’international.
La dynamique était puissante !
On a été les premiers à se structurer et à chercher à rencontrer les danseurs Allemands, Suisses et Parisiens. On est monté à Paris pour faire les rencontres de la villette, etc…
Tout le monde s’entrainait ensemble, pas de différence d’âge. Il y avait de l’échange et en même temps de la compétition. Certains gamins de 8 ans étaient même plus forts que les grands.
Depuis l’époque et encore aujourd’hui,  tous les grands danseurs HipHop sont passé a l’Elsau (Suga Pop, Storm, Vagabon crew , Pokemon crew, …)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 -Qui sont tes références dans la danse sur Strasbourg ? et dans le monde ?

J’ai pas vraiment eu de références sur Strasbourg. (A l’époque nous étions tous des références pour les autres) nous avons fait partie de la génération des pionniers en Alsace.
Mes principales références étaient plutôt Storm, un Berlinois du Rock Steady Crew et Actuel Force ,le crew d’NTM, Electric Boogaloo’s, Original Lockers,..
Storm m’a beaucoup inspiré car c’était l’un des premiers à avoir une danse complémentaire. Il dansait autant au sol que debout.

-Comment es-tu passé professionnel ? Quel a été le déclic ?

En ne lâchant pas l’affaire ! Je me suis accroché à fond et j’ai travaillé sur la durée pour arriver à atteindre les objectifs que je m’étais donné plus jeune.
L’importance c’est de s’ouvrir, de se former, de rencontrer les autres disciplines, et de dépasser les préjugés.
Mon premiers déclic fut ma rencontre avec Alain Imbert, un danseur chorégraphe contemporain qui m’a repéré et m’a apporté ma premier expérience professionnelle dans un moyen  métrage  comédie musicale « contre danse »
C’est lui qui m’a donné le goût de m’intéresser au contemporain et au classique.
Puis en 2005, je me suis fait repérer par Rudy BRYANS (ex-danseur Etoile ) lors d’un stage  intensif et international à Châteauroux. Il m’a invité à intégrer une école de formation professionnel  de danse : EPSE DANSE…
De là, ça m’a permis de rencontrer des danseurs et des chorégraphes du monde entier et ça m’a permis de travailler sur l’écriture chorégraphique contemporaine.
A partir de cet instant, j’ai passé un autre cap…
Je me suis nourri des différents vocabulaires corporels de la danse.
Je devais y passer 1 an de formation et finalement j’en ai passédeux. (Montpellier)
Cela a aussi permis de motiver le reste de la compagnie Mistral Est, puisqu’un membre m’a rejoint à Montpellier pour cette école et  4 autres ont été reçus au Conservatoire de Strasbourg.

-Est-ce que tu vis a 100% de la danse ?

Oui j’ai cette chance, je vis de la danse de manière générale : intervention pédagogique, chorégraphe, comédien, danseur…

-Comment t’es-tu ouvert aux autres danses ? Et comment es-tu passé de la danse hiphop à la danse contemporaine et au théâtre ?

J’ai fait beaucoup de recherches historiques sur la danse et culture hiphop et rencontré les fondateurs, pour savoir comme elles se sont créées et ce qui leur a  permis  d’être ce qu’elles sont aujourd’hui. J’étais attentif aux ingrédients de sa réussite  et à son évolution.
Et de la j’ai découvert la richesse culturelle du HipHop.  Les origines culturelles, sociaux-politiques, été variées (culture latino, culture black, indiennes..), l’évolution de cette culture a aussi beaucoup suivi l’évolution technologique (Musicale) et la télévision (source d’inspiration : séries super Héros, cartoon, mouvement Black Power)…
J’ai aussi découvert que les sources de la danse HipHop étaient variées. Par exemple, la coupole, mouvement de base d’un danseur, vient des arts martiaux, les Freezes viennent de la Capoeira et Gymnastique.  On y retrouve aussi des mouvements égyptiens, des mouvements de la danse africaine, des mouvements de la danse indienne, robotique inspiré de la TV, ou encore des panneaux publicitaire politique (I wan’t You) oncle Sam.
Je me suis donc ouvert aux autres danses car le hiphop c’est toujours enrichi ailleurs.
J’ai fait le point avec moi-même  et j’ai décidé d’aller là où jamais je ne serai allé. J’ai donc commencé les stages intensifs multidisciplinaire : claquette, danse classique, contemporaine, jazz, etc…
La danse c’est comme un langage donc autant parler plein de danse , cela me permet d’apprendre  et d’évoluer plus facilement dans mon art.
J’essaye de m’exprimer dans chaque danse sans tricher, en respectant leur propre codes.
Ça m’a permis de me débrider !
Je suis devenu polyvalent, tout en gardant ma spécificité Hiphop. C’est grâce à ça que je vis de ma passion aujourd’hui.

-Ton intégration dans une compagnie ou troupe  plus classique a t-elle était difficile avec ton passé et ton implication dans la culture hiphop ? Y-a-t eu un choc des cultures ?

On ne peut pas généraliser, ça dépend des personnes. Mais avec la majorité des gens ça se passait bien. J’ai su briser les préjugés.
De notre côté, nous aussi on avait des préjugés bidons qu’on a brisés car quand tu rentres dedans, tu découvres une complexité, une richesse qui t’apporte beaucoup.

-Et à l’inverse, as tu subi des moqueries du mouvement Hiphop ?

Non car j’avais déjà un passé. J’étais connu et reconnu dans le milieu.
Il y a même eu une forme de respect sur ce que j’entreprenais.
Ça a déclenché quelque chose car aujourd’hui les jeunes s’ouvrent aussi aux autres danses… ce qui est  spécifique à Strasbourg.

-Penses tu que la culture hiphop a sa place sur les planches d’un théâtre ?

Bien sûr et aujourd’hui plus que jamais. La danse hiphop a passé le premier cap de la reconnaissance et actuellement il y a des vrais spectacles internationaux et un vrai travail d’écriture.
La question ne se pose même plus !

 

 

 

 

 

 

 

 

-Quels sont tes relations avec Pôle Sud ?

On  travaille ensemble depuis 4 ans maintenant.
Certaines personnes de Pôle Sud nous ont vus évoluer depuis 96, ils nous ont vus monter les marches du b-boying de rue à quelque chose de plus structuré.
Pôle Sud  soutient  la compagnie Mistral’Est dans ses actions et projets et respecte notre « identité artistique »

-Quelles formes de soutien ?

Il nous ouvre le lieu, nous met à disposition des studios de répétition,  des lieux de training ouvert à tous et cela gratuitement .
Ils nous ont  appuyés sur nos projets artistiques et il nous aide a en financer une partie.
Nous avons aussi mis en place un programme de formation (Trajectoires). Ils ont cru au projet depuis le début car le projet n’était pas facile. Le pari de « Trajectoires » était de proposer aux  danseuses et danseurs Strasbourgeois  de suivre 2 semaines de formations intensives où la base de travail est la danse hiphop mais durant laquelle nous abordons aussi les autres danses. Et ainsi leur proposer les différentes ouvertures de Mistral Est.
C’est un clin d’œil a ce que nous avons vécu.  On partage en 2 semaine nos 10ans expérience.

-Tu es aussi membre fondateur de la compagnie Mistral Est, peux-tu nous en dire plus ?

La compagnie mistral est officiellement née en 2003-2004 mais le groupe existe depuis 95. On est 6 membres actifs et une superbe équipe de bénévoles.
Mistral’Est est une compagnie professionnelle de danse.
Son but tourne autour de 3 axes principaux :
-L’événementiel : Organisation du Festival Universal danseur, des Battle Connexion (battle trimestriel) , du B-Boy NL Contest, etc…
-La transmission : stage, programme de formation, résidence artistique, …
-La création chorégraphique : laboratoire de recherche, collaboration avec diffèrent artistes issus du cirque, de la musique mais aussi des comédiens, des plasticiens,

Nous sommes actuellement 6 personnes à vivre de la danse dans Mistral est.

-Peux-tu aussi nous parler de votre festival Universal danser ?

L’idée est assez vielle, on a commencé avec Battle connexion. Universal Danser était un moyen pour nous de réunir nos actions sur un temps fort dans l’année.
C’est un festival hiphop ciblé danse mais avant tout un festival hiphop.
On permet aux groupes de la région d’accéder à la scène et de montre aux spectateurs le travaux.
En parallèle, on organise des work shop avec des  célébrités de la danse souvent membre du jury qui apprennent aux danseurs du coin de nouveaux mouvements, techniques.
Le festival est composé de 2 soirées spectacles et d’une soirée Battle international.

-Quels sont tes projets actuels?

Je travail actuellement pour le centre chorégraphique national de La Rochelle (CCN) qui dépend directement de l’état .J’interviens comme artiste chorégraphe et enseignant.
Depuis 2008 j’ai aussi travaillé avec la compagnie MémoiresVives (Strasbourg) et la compagnie Hors Série sur Bordeaux (2007) jusqu’à aujourd’hui.
J’ai aussi un nouveau projet de création que je veux chorégraphier au nom de la compagnie Mistral Est.

-Si tu devais décrire la culture strasbourgeoise en quelques mots, quels seraient-ils ?

Beaucoup de potentiel mais encore un manque de lien entre les différentes sensibilités artistiques, qui je l’espère va se dissiper grâce entre autres à votre magazine.

-Le mot de la fin ?

Toujours positiver l’énergie négative !

ITW – Julien Lafarge
Photos – Henri Vogt

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