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Un film sans tabous

Virginie Despentes avait déjà adapté son roman Baise-moi au cinéma, il y a de ça une bonne dizaine d’années – et oui, déjà, ça ne nous rajeunit pas tout ça ! –. Elle a décidé de remettre le couvert avec son livre et son film éponyme Bye Bye Blondie. Un long-métrage qui traite de l’homosexualité et qui semble surtout être une véritable autobiographie de l’auteur. Focus sur ce film prévu en salle le 21 mars.

Bye Bye Blondie, c’est l’histoire de Victoria et Frances, deux adolescentes qui se sont aimées dans les années 80, dans une ambiance punk, drogue, sexe et rock&roll. En grandissant, la vie les a séparées, et elles ont pris des chemins très différents. Vingt ans après, Frances revient reconquérir Gloria. Un long-métrage qui met en scène une relation amoureuse lesbienne, où les scènes sexuelles ne sont pas taboues, et bel et bien montrées. Les amoureux de l’écriture de Despentes s’étonneront de voir qu’Éric est devenu Frances.

Effectivement, l’auteur a choisi de transformer la relation hétérosexuelle en une homosexuelle, « car je le suis devenue entre le livre et le film : au moment de l’écriture, j’étais encore hétéro » confie-t-elle à l’avant-première. Un film résolument militant, pour casser les clichés sur ces relations encore trop stéréotypées. Quoi que, les caricatures sont quand même présentes puisque Virginie Despentes a choisi une Emmanuelle Béart riche et de bonne famille, amoureuse d’une Béatrice Dalle punk et rebelle. Un duo très éclectique, mais pas vraiment original.

Ce film est bercé par les flashbacks incessants, où l’on voit les deux héroïnes – jouées à la perfection par la chanteuse Soko et Clara Ponsot – dans leur période punk, bière à la main et cigarette à la bouche, tout juste sortie de l’hôpital psychiatrique, où elles se sont rencontrées. Et cette partie du scénario n’est pas non plus anodine, parole de la réalisatrice. « Ce n’est pas mon autobiographie mais c’est vrai qu’il ya beaucoup d’éléments de ma vie qui ressortent. Je suis de Nancy aussi (NDLR : comme Gloria dans le film), j’étais punk, j’ai été internée étant jeune et maintenant je suis lesbienne ».

La provocation semble être le maître-mot de Bye Bye Blondie, avec un générique sous fond de musique rock, des descentes de bières en pleine après-midi, des postures vulgaires et aguicheuses de la part des actrices et un langage plutôt charretier qui émane des dialogues.

Bye Bye Blondie, c’est aussi un long-métrage qui a mis du temps à sortir sur les écrans au vu du budget limité de Virginie Despentes, et pour lequel les méthodes de travail ont été différentes selon les acteurs. « Emmanuelle Béart et son personnage adolescent interprété par Clara Ponsot se sont beaucoup observés pour s’inspirer leur rôle, alors qu’au contraire Béatrice Dalle et Soko ne se sont pas du tout regardées. Après, aucune actrice sauf la jeune Clara s’est inspirée du livre », raconte la réalisatrice.

Bref, Virginie Despentes livre un film cru, qui a opté pour un entrecroisement entre flashbacks et présent, sur fond de réalisme et de caricatures. Le scénario peut paraître un peu bancal – surtout avec les changements par rapport au livre – mais une chose est sûre, les quatre actrices y sont impressionnantes, ce qui permet de passer d’une époque à l’autre sans la moindre difficulté et sans ambiguïté certaine.

Article rédigé par Charlotte Baechler

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