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Terraferma, on prend les mêmes et on recommence !

Terraferma, c’est avant tout les retrouvailles avec la petite île de 20km² de Lampedusa, petit bout de paradis au Sud de la Sicile où Emanuele Crialese avait déjà posé ses caméras pour Respiro, en 2003. Mais « Terre ferme », c’est aussi l’exploitation d’un sujet sur lequel le réalisateur s’était déjà étendu avec son film Golden Door : l’émigration clandestine.

Le scénario ? Rien de très compliqué. Un adolescent, sa mère et son grand-père louent leur maison aux touristes le temps d’un été, pour gagner un peu d’argent que l’activité traditionnelle familiale, la pêche, ne ramène plus. Un jour, ils sauvent des eaux un groupe de clandestins africains malgré l’interdiction des autorités locales. Les familles de pêcheurs, jeunes et anciens, se confrontent alors sur l’attitude à adopter : faut-il dénoncer les émigrés aux autorités ou respecter les valeurs morales de solidarité ? Une question qui n’est pas sans rappeler l’affaire Zenzeri et Bayoudh, deux capitaines de pêches accusés d’aide à l’entrée irrégulière sur le territoire après avoir secouru des boatpeoples en détresse, en 2007. Et ces faits réels et récurrents ont justement inspirés le réalisateur pour son film Terraferma. Véritable tragédie moderne qui répond à l’actualité, ce long-métrage livre un contraste marqué entre les émigrés africains et les touristes des grandes métropoles. Même l’affiche, représentant les touristes plongeant d’un bateau pour s’amuser et se rafraîchir, montre une réelle opposition avec les clandestins qui se voient obliger de se jeter à l’eau, depuis leur misérable embarcation, pour ne pas tomber dans les mains des policiers. Et des comparaisons, le réalisateur italien en raffole dès la première image, en filmant un filet de pêche emprisonnant les poissons entre deux grillages, comme le sont les émigrés entre deux côtes.

Prix du jury au dernier Festival de Venise, Terraferma met parfaitement en scène la vie quotidienne de cette petite île perdue au milieu de la mer Méditerranée, – « on n’est même pas sur la mappemonde », dira la mère, interprétée à merveille par Donatella Finocchiaro – confrontée à la peur de l’illégalité quotidienne, traduite par la présence de carabinieri zélés et pas solidaires pour deux sous. Des pêcheurs amoureux de la mer qui subissent des flux migratoires pas du tout contrôles, et des arrivages de touristes massifs qui ne demandent que soleil et tranquillité : voilà le fil de l’histoire d’Emanuele Crialese.

Et ce message, le réalisateur le passe sans problème à tous les cinéphiles, malgré quelques imperfections – sûrement choisies – qui déstabilisent le spectateur, comme le manque cruel de musiques. Une bande son originale quasi inexistante, avec parfois même des blancs dans les échanges de paroles, insupportables pour les petits nerveux sur leur siège… La platitude de certains dialogues et certaines scènes qui tirent un peu trop en longueur apportent un bémol à ce cinquième film de Crialese. Mais pour les amoureux de la nature, les vaillants défenseurs de la solidarité envers les émigrants, les admiratifs des pêcheurs qui vivent encore comme à l’époque et pour ceux qui ne se lassent pas du bel accent italien, ce film a quand même du bon !

 

Article rédigé par Charlotte Baechler


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